En bas les larmes!
Le réveil a été brutal. Pour Crans-Montana, pour le Valais, pour toute la Suisse. Ce 1ᵉʳ janvier 2026, au petit matin, alors que les derniers effluves du Nouvel-An flottaient encore dans les foyers helvétiques, l'info est tombée. Incroyable, au sens littéral du terme.
A lire les premiers mots, on imagine un énième drame dans une région du monde dont l'éloignement géographique atténuerait la violence. A Gaza? En Ukraine? A Beyrouth? A New York? Ou même un peu plus proche de nous: à Paris ou Londres?
Non. En Valais. Là, juste à côté de chez nous, chez nous. Ce canton qu'on adore, peuplé d'habitants qu'on adore (ou qu'on adore détester). Des dizaines de morts, une centaine de blessés, les chiffres et les images sont, eux aussi, incroyables. Effroyables.
Très vite, l'émotion monte en Suisse et au-delà. Entre deux discussions sur la manière de traiter l'info, une collègue confie:
Même les autorités peinent à cacher leurs larmes. Au micro de la RTS, le conseiller d'Etat valaisan et président du gouvernement cantonal, Mathias Reynard, livre un témoignage poignant et d'une grande pudeur. «Il y a beaucoup de douleur, il y a beaucoup de souffrance. Ce qui devait être un moment de fête s'est transformé en cauchemar.» Le visage marqué par l'émotion, il lâche:
Mathias Reynard au micro de la RTS
L'élu est particulièrement touché. Il faut dire que son canton avait besoin de tout sauf de commencer l'année ainsi. Le Valais avait déjà marqué 2025 par une catastrophe saisissante. Le 28 mai dernier, une partie du glacier du Birch s’effondrait, ensevelissant 90% du village de Blatten sous une avalanche de glace, de boue et de roches.
Si l'évacuation ordonnée une semaine plus tôt a permis de sauver de nombreuses vies, l'émotion avait, là aussi, été nationale puis internationale et les images, impressionnantes, avaient fait le tour du monde.
A peine quelques mois plus tard, le canton doit déjà affronter un autre drame, d'une tout autre nature et au bilan humain bien plus terrifiant. Malgré les efforts valeureux du personnel soignant, celui-ci risque fort de s'aggraver. Et de marquer les esprits à l'international.
Car Crans-Montana attire bien au-delà des frontières helvétiques. La station, dont les domaines skiables ont été rachetés en 2024 par les Américains de Vail Resorts, cherche à séduire les visiteurs tout autour de la planète. De nombreuses personnes touchées sont donc des touristes étrangers en vacances avec leurs amis ou leur famille.
Au-delà de l'émotion, de la tristesse et du deuil, voilà sans doute la victime collatérale de ce second drame en quelques mois. Il frappe une nouvelle fois un secteur économique clé du canton: le tourisme. Mais il est trop tôt pour s'en inquiéter. On y pensera quand on aura fini de sécher nos pleurs. Comme on dit en Valais:
