Il nous a tous fait pleurer
La Suisse est en deuil, ce 9 janvier 2026. L'hommage aux victimes de Crans-Montana a été bouleversant à bien des égards, mais dans la douleur se niche parfois de la beauté. Cet éclat a été rendu par Mathias Reynard, président du Conseil d'Etat valaisan.
Le Saviésan a cité l'écrivain Albert Camus. Logique, lui, l'ancien enseignant et licencié en Lettres de l'Université de Lausanne.
Un discours aussi puissant que profond.
C'est ce même Mathias Reynard, que nous avions croisé hagard en train de déambuler non loin du bar Le Constellation, le jeudi 1er janvier. La tête était basse, la démarche douloureuse. On l'a vu cerné par la tristesse lors de nombreuses interviews télévisées. Mais le président valaisan n'a pas flanché, ce 9 janvier. Malgré les trémolos dans la voix, les yeux mouillés, il est resté droit, il a tenu bon et n'a pas craqué. Il avait les épaules.
Mathias Reynard a fait couler pas mal de larmes dans l'assemblée, à Martigny. Avec des mots justes, le regard doux. On entendait les professionnels de la presse renifler, on voyait les visages se déformer pour essayer de contenir des sanglots qui devenaient de plus en plus lourds.
Il s'est adressé en premier lieu aux parents endeuillés, aux proches:
Le politicien valaisan a fait part de sa douleur, de son chagrin - encore un autre après la catastrophe naturelle de Blatten. Une année 2025 difficile qui n'est même pas digérée, alors que 2026 vire déjà à l'indigestion.
Reynard a toujours fait preuve d'une véritable empathie, proche de la population. Il l'a encore prouvé aujourd'hui. On peut aisément dire qu’il a offert au Valais l’image d’un canton solidaire, dans un blizzard politico-judiciaire.
Vendredi, si Mathias Reynard a su afficher sa sensibilité, il n'a pas perdu de sa grinta politique, de son sens des responsabilités face au chaos:
De ces fragments de paroles choisis, il y a une unité désirée par le président du Conseil d'Etat valaisan, mais surtout une grande leçon. Difficile de ne pas penser à Nicolas Féraud. A la suite de la conférence de presse menée par le président de commune, copieusement critiquée depuis, ces mots sonnent comme un rappel cinglant, une correction concernant des paroles qui ont défrayé la chronique. Notamment lorsque Nicolas Féraud a clamé que «la commune est la première victime» de cette tragédie.
Là, dans la salle de presse à Martigny, beaucoup se disaient encore circonspects par cette conférence de presse donnée le 6 janvier. Des propos qui n’ont pas passé.
Il fallait bien redresser le tir. Et Mathias Reynard n'a pas manqué cette occasion, face à une assemblée internationale et attentive:
S'il rappelle que «chaque victime est comme un enfant du Valais», le président du Conseil d'Etat valaisan a fait pleurer dans les chaumières autant qu'il a assumé son rôle de leader politique, pour rappeler que derrière les larmes et le deuil, il y a la colère qui démange.
Mais, surtout, le courage d'affronter le flot de critiques.
