Le discours poignant de trois jeunes à la cérémonie: «N’oubliez jamais»
«Bonjour à tous, buongiorno a tutti», entame Marie Albrecht, l'air grave et la voix calme, en français et en italien, pour amorcer l'un des moments forts de cette cérémonie d'adieu. «C’est avec beaucoup d’émotion que nous prenons la parole aujourd’hui pour rendre hommage aux victimes de l’incendie de Crans-Montana.»
«Ce soir là, nous entrons dans un bar en face du Constellation pour boire un dernier verre, le cœur léger, l’esprit dégagé. Mais très vite, tout s’est figé», témoigne Marie.
«Un silence pesant envahit la pièce. Les images qui nous font face sont insoutenables. Dehors, la scène est pire que dans un cauchemar. Les cris stridents résonnent dans le froid glacial. L’odeur de brûlé est insupportable. C’est une scène apocalyptique.»
«Alors aujourd’hui, nous rendons hommage, à vous qui êtes partis trop tôt, à vos rêves interrompus, à vos voix que le silence a remplacées. Pour les familles, faisons en sorte que cette douleur ne soit pas vaine. N’attendons plus pour dire à nos proches qu’on les aime. Vivons intensément, ici et maintenant», conclut Marie.
«Le drame qui a frappé Crans-Montana ne s’est pas limité aux frontières du Valais et de la Suisse, mais a eu un retentissement international», poursuit Solal Heimendinger. «Votre présence en témoigne.»
«Le sentiment d’impuissance que nous avons ressenti face à cet incendie a été frustrant. C’est pourquoi nous tenons à remercier la police, les pompiers, First Responder et plus généralement tous ceux qui ont apporté leur aide. Evidemment nous n’oublions pas les soignants de l’hôpital du Valais, les hôpitaux suisses et étrangers qui accueillent les grands brûlés.»
«Aux blessés, nous adressons tout notre soutien, conscients du parcours qu’il leur reste encore à surmonter», achève Solal.
Au tour de Aline Morisoli de prendre la parole, en démarrant par une allocution en italien: «Ai giovanni che ci ascoltano: siamo una generazione che cresce in un mondo difficile e fragile.»
Avant de traduire: «Nous nous adressons aux jeunes qui nous écoutent: nous sommes une génération qui grandit dans un monde fragile, parfois dur, souvent injuste. Et pourtant, malgré les doutes, malgré la peur, notre génération continue d’avancer. Elle continue de se battre pour ce en quoi elle croit.»
«N’oubliez jamais pourquoi vous vous battez. N’oubliez jamais pour qui vous vous battez. Chaque effort compte, même ceux que personne ne voit. Vous faites de votre mieux, avec ce que vous avez, dans un monde qui ne vous épargne pas toujours.»
«Peut-être qu’on ne vous le dit pas assez, peut-être même jamais... alors laissez-nous vous le dire aujourd’hui: nous sommes fiers de vous. Restez forts, restez debout, et tant que le soleil brille, profitez de chaque instant, aussi fragile soit-il. On ne peut pas ajouter des jours à la vie, mais on peut ajouter de la vie aux jours.» (mbr)
