Ce phénomène pèse sur l’aide humanitaire en Ukraine
Alors que des représentants de l’Ukraine et de la Russie la semaine passée à Genève pour négocier la fin de la guerre (sans résultat apparent), la population ukrainienne continue de souffrir des conséquences des frappes aériennes.
L'Ukraine vient d'entrer dans sa cinquième année de guerre. Et ses habitants restent tributaires de l’aide humanitaire, a souligné Caritas Suisse lors d’une conférence de presse la semaine dernière.
Directeur pour l'Ukraine de l'antenne suisse de l'ONG, Andrea Berardi explique:
Depuis l’invasion des troupes russes le 24 février 2022, Caritas Suisse soutient financièrement, avec des organisations partenaires locales, la population des régions du front dans l’est et le sud de l’Ukraine. L'association caritative distribue également des denrées alimentaires, de l’eau potable et des médicaments, et participe à la réparation des infrastructures.
Il faut une aide continue
A côté de l’aide d’urgence, les projets à long terme gagnent en importance. Yulia Pyndus, cheffe de projet, explique:
Celle-ci travaille pour le projet Remarket de Caritas Suisse, lancé en août 2023 et destiné à promouvoir les PME en Ukraine. Jusqu’à présent, 221 entreprises ont déjà bénéficié de subventions financières et de conseils. Le projet devrait se poursuivre jusqu’à fin juillet 2027. Le travail signifie plus qu’un revenu. «Il offre aux personnes en Ukraine une perspective», souligne Yulia Pyndus.
Dans la situation actuelle, les projets à long terme sont d’une grande importance, rappelle Niels Jost, porte-parole de Caritas. Cela vaut d’autant plus dans un contexte de «fatigue des dons», alors que les aides financières d’autres Etats diminuent progressivement, précise-t-il.
Quels sont les effets concrets?
Grâce à ses projets, depuis le début de la guerre Caritas Suisse a soutenu plus de 145 000 personnes et investi 35 millions de francs. Les programmes ont été financés par des contributions d’institutions telles que la Chaîne du Bonheur et la Direction du développement et de la coopération, ainsi que par des fondations privées et de nombreux donateurs et donatrices individuels.
Depuis longtemps, au-delà des zones proches du front, nombre de villes à l’intérieur du pays ont elles aussi besoin d’aide. En raison des attaques russes contre les infrastructures énergétiques, les systèmes de chauffage tombent en panne, ce qui est particulièrement éprouvant lorsque la température extérieure affiche parfois -20°C, explique Andrea Berardi, qui vit lui-même à Kiev.
Il observe, en outre:
La population est épuisée, mais elle fait preuve de résistance et tente de maintenir son quotidien, ajoute le représentant de l’organisation humanitaire.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
