Suisse
Conseil national

Le PS s'attaque aux loyers abusifs, en vain

Le PS s'attaque aux «loyers abusifs», en vain

La fixation des loyers reste un tabou en Suisse. Au Conseil national, le groupe socialiste a demandé de les soumettre à un examen périodique automatique. Mais sa motion a été rejetée.
18.03.2026, 10:4918.03.2026, 10:49

Le National a tenu mercredi une nouvelle session extraordinaire consacrée aux loyers et à la protection des locataires. Le PS s'est à nouveau attaqué aux «loyers abusifs». Il a été désavoué.

Ces dernières années, les loyers sont devenus insoutenables pour la population. Ce qui entraîne une perte massive des libertés, a avancé Samuel Bendahan (PS/VD) au nom du groupe socialiste. «Ce qui est révoltant, c'est que contrairement aux autres crises, nous pouvons faire quelque chose pour les loyers»

Samuel Bendahan, Nationalrat SP-VD, spricht waehrend einer Medienkonferenz des ueberparteilichen Ja-Komitees zur Individualbesteuerung im Hinblick auf die Referendumsabstimmung vom 8. Maerz, am Donner ...
Samuel BendahanKeystone

Le ministre de l'économie Guy Parmelin a reconnu qu'il y avait des lacunes. «Le Conseil fédéral a tout essayé: des tables rondes, carrées, rectangulaires. Mais les problèmes restent.» Il a appelé les parties à ne «pas quitter la table des négociations parce qu'elles n'ont pas pu entièrement imposer leur point de vue.»

«Si chacun reste sur ses ergots, on n'arrivera à rien»
Guy Parmelin

Le droit en vigueur prévoit le droit à un logement abordable. Il veut que le loyer soit calculé sur la base des coûts et que le taux de rendement des fonds propres ne puisse se situer plus de 2% au-dessus du taux d’intérêt de référence.

Les loyers sont un tiers plus élevés que ce qu'ils devraient. «Cela représente 10 milliards par année à débourser en plus pour les locataires», a argué Bendahan. «Et quoi qu'il se passe, les loyers augmentent. Simplement en suivant la logique du profit des investisseurs. C'est la spéculation qui est un problème.»

Interdit par la Constitution

La motion du groupe socialiste demandait de soumettre les loyers à un examen périodique automatique, comme c’est le cas pour l’AVS, la TVA et l’impôt sur le bénéfice. «Cela transformerait la vie des gens s'ils pouvaient avoir l'argent dans leur poche», a encore argué le Vaudois. C'est la mesure la plus efficace à prendre face aux loyers abusifs et aux grands groupes qui veulent du profit, a-t-il encore avancé.

«Notre Constitution, le droit du bail et plusieurs décennies de jurisprudence du Tribunal fédéral interdisent expressément la fixation des loyers selon la loi de l’offre et la demande, a écrit le PS dans sa motion. Pourtant, les loyers ont explosé».

Le droit du bail est régi par le droit privé, alors que la TVA ou l'AVS sont régies par le droit public, a contré Parmelin. Avec succès. La gauche était seule à soutenir ce texte. Le Conseil des Etats a clairement rejeté une motion similaire lors de la première semaine de session.

Réduire les procédures d'autorisation de construire

Dans la foulée, le National a transmis par 102 voix contre 83 un postulat de Matthias Samuel Jauslin (PVL/AG) visant à réduire les procédures d'autorisation de construire. Celles-ci sont longues et difficiles à prévoir et aggravent la pénurie de logements, a fait valoir l'Argovien.

Le Conseil fédéral devra présenter les instruments organisationnels, juridiques et numériques qui permettront d’accélérer les procédures de planification et d’autorisation de construire dans le domaine de la construction de logements. Le Conseil fédéral y était opposé rappelant que les cantons sont compétents en la matière. (jzs/ats)

Ces immeubles chinois tout neufs qui tombent comme des châteaux de cartes
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
«Un manipulateur intelligent»: ce qui s'est dit au procès Jaussi
L'ancien patron de la start-up S3 a comparu notamment pour escroquerie et abus de confiance ce mardi à Granges-Paccot (FR). Son avocate a dénoncé un «acharnement judiciaire» et demandé la récusation du procureur général.
Pascal Jaussi, fondateur de Swiss Space Systems Holding (S3), a plaidé non coupable mardi lors de la première matinée de son procès devant le Tribunal pénal et économique du canton de Fribourg. L'avocate du prévenu de 49 ans, jugé notamment pour escroquerie et abus de confiance, a demandé la récusation du procureur général et dénoncé un «acharnement judiciaire» et une instruction «à charge» contre son client.
L’article