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Covid-19

Hantavirus: la Suisse a-t-elle les réserves de crise nécessaires?

Hantavirus en Suisse aux HUG
Image: montage watson

Hantavirus et pétrole: les hôpitaux suisses face aux risques de pénurie

Après le Covid-19, l'Hantavirus. Même si l'OMS se veut rassurante, l'expérience montre qu'il faut être prêt à affronter le pire. La pénurie de pétrole ajoute aux inquiétudes. Les hôpitaux suisses ont-ils assez de matériel médical, comme des gants et seringues? Réponses des HUG de Genève, de l'OFSP et de l'Office fédéral de l'approvisionnement.
11.05.2026, 18:5812.05.2026, 00:01

Six ans et demi après l’apparition du Covid-19, l’hantavirus débarque, par bateau, en Europe. De son côté, le détroit d’Ormuz reste fermé pour cause de guerre en Iran. Le rapport? Il faut du pétrole pour fabriquer du matériel médical à usage unique, tels que gants, blouses, seringues, cathéters, poches de perfusion et emballages stériles.

Avant même l’apparition de ce virus pouvant provoquer des détresses respiratoires et la mort dans le pire des cas, plusieurs médias ont rendu compte des inquiétudes du secteur sanitaire liées aux risques de pénurie de pétrole. Pour l’heure, seuls les prix dans la filière plastique ont augmenté. Jusqu’à plus de 100% pour la matière première nécessaire à la fabrication de gants en caoutchouc.

Qu'en est-il des stocks?

En Suisse, les hôpitaux disposent-ils de stocks suffisants de matériel médical à usage unique pour une prise en charge accrue de patients infectés par un nouveau virus, tel l'hantavirus? De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se veut rassurante:

«Contrairement au Covid, détecté tardivement dans une métropole densément peuplée, l’hantavirus concerné ici reste un virus d’origine animale, qui se transmet difficilement entre humains.»
Organisation mondiale de la santé

«Pas d'obligation»

Il n’empêche, le Covid-19 a montré l’importance, pour le secteur hospitalier, de se tenir prêt. Nous avons demandé aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG) de répondre à quelques questions relatives aux matériels et équipements médicaux. Les HUG, partenaires de l’OMS, viennent de réussir un exploit en identifiant la souche de l’hantavirus qui a fait trois morts sur le bateau de croisière MV Hondius. Il s’agit de la souche Andes.

Sans entrer dans les détails, les HUG indiquent par e-mail:

«S’agissant de la constitution de stocks de matériel médical comme les gants, les seringues ou les masques, nous n’avons pas d’obligation. Toutefois, selon les catégories, nos stocks de sécurité vont de trois mois à six mois.»
Hôpitaux universitaires genevois

Les HUG disent avoir «des marchés avec des fournisseurs suisses et également étrangers». Concernant le nombre de respirateurs, si essentiel lors de la pandémie de Covid-19:

«Nous avons un stock d’une trentaine de respirateurs supplémentaires, depuis la pandémie Covid»
Hôpitaux universitaires genevois

La révision de la loi toujours en cours

Contacté, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), au front lors de la crise Covid, indique ne pas avoir «d’informations au sujet des stocks disponibles». Et d'ajouter:

«En principe, l’approvisionnement en biens médicaux relève de la compétence des cantons et du secteur privé, aussi bien en temps normal qu’en situation de crise. Les biens médicaux importants comprennent les médicaments ou vaccins indispensables, les masques hygiéniques et de protection respiratoire, les seringues ou les équipements de protection.»
Office fédéral de la santé publique

Le profond traumatisme laissé par la crise Covid a conduit le Conseil fédéral à initier une révision – en cours – de la loi sur les épidémies. L’OFSP communique à ce sujet: «La loi révisée prévoit une meilleure sécurité de l’approvisionnement en biens médicaux importants en permettant au Conseil fédéral, en cas de pénurie, d’acquérir lui-même ou de faire fabriquer des biens médicaux importants, tels que des vaccins ou des équipements de protection lorsque les cantons ou les particuliers ne peuvent l’assurer.»

Pour en savoir plus sur les stocks de matériel médical disponibles, l’OFSP renvoie vers PharmaSuisse, la Société suisse des pharmaciens.

Contactée, PharmaSuisse prévient: «Nous ne sommes pas l’interlocuteur le plus approprié pour répondre à vos questions. (…) Néanmoins, nous pouvons vous apporter les éléments d’information suivants». Les voici.

  • A propos des stocks: «Aujourd’hui, il n’existe pas de base légale fédérale imposant de constituer des stocks pour les dispositifs médicaux ou le matériel de protection (gants, seringues, masques, etc.). Les autorités recommandent aux hôpitaux et aux fournisseurs de maintenir des réserves correspondant à environ douze semaines. Ces recommandations n’ont toutefois pas de caractère contraignant. En revanche, certains médicaments sont soumis à des réserves obligatoires dans le cadre de la législation sur l’approvisionnement économique du pays.»
  • La révision de la loi sur les épidémies «doit introduire une base légale permettant d’encadrer et, le cas échéant, d’exiger la constitution de stocks de biens médicaux essentiels, notamment du matériel de protection. Elle ne prévoit toutefois pas nécessairement une obligation générale uniforme, mais renforce les instruments d’intervention de la Confédération en cas de crise sanitaire», rapporte PharmaSuisse.
  • La pandémie de Covid-19 a souligné la vulnérabilité et la dépendance des pays occidentaux concernant la production des biens médicaux essentiels, à l’époque, les masques et le gel hydroalcoolique.
  • PharmaSuisse indique à ce sujet: «La Suisse dispose d’une production limitée de matériel médical. Une part importante de ces produits est importée d’Asie. A titre d’exemples de production indigène, on peut citer Sanitex (seringues en verre) ou Timask (masques développés pendant la pandémie de Covid‑19.»

Réserves obligatoires pour les produits pétroliers

Dans le domaine des hydrocarbures – le pétrole entrant dans la fabrication de produits médicaux énumérés plus haut –, l’Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE), joint par watson, indique que «des stocks obligatoires sont constitués». L’objectif fixé au 30 avril 2026 aux réserves obligatoires d’essence est de 4,6 mois ou 140 jours et de 2,4 mois ou 72 jours pour le kérozène. L’OFAE tient à rassurer:

«Même lors des crises d’approvisionnement les plus graves rencontrées, comme lors de la crise pétrolière de 1973 ou de la pandémie de COVID-19 en 2020, les importations ont pu se poursuivre. Ces crises ont en outre montré que la consommation diminue considérablement en situation de pénurie. Dans la pratique, les réserves obligatoires permettent donc de combler les pénuries sur une période bien plus longue que ne le laissent supposer les valeurs cibles et réelles calculées.»

La pénurie relative de pétrole sur les marchés affecte même la production de préservatifs. Fin avril, le premier producteur mondial de condoms, l’entreprise malaisienne Karex, plus de cinq milliards de contraceptifs masculins par an, a annoncé l’augmentation de ses prix jusqu'à 30% en raison notamment des délais de livraison plus longs de la part des fournisseurs et d’une hausse des coûts de fret.

Il court 14 marathons d'un seul coup
Video: watson
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