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Crans-Montana

Crans-Montana: le D! Club prend une mesure radicale

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Un géant des nuits romandes prend une mesure radicale

Longtemps synonymes de fête, mais aussi de marqueur social aux tables VIP des boîtes de nuit, les fontaines scintillantes accrochées aux bouteilles sont désormais indissociables de la tragédie de Crans-Montana. De nombreux clubs ont décidé de s’en passer, à l’instar du D! Club à Lausanne. La fin d’une ère? On en parle avec son patron, Thierry Wegmüller.
05.01.2026, 05:2805.01.2026, 12:13

On en a tous vu passer sous notre nez, parfois même commandé, quand le porte-monnaie était consentant. Dans les clubs du monde entier, la parade des bouteilles, trimballées par les serveurs entre les tables et accompagnées de fontaines scintillantes, fait partie intégrante du monde de la nuit.

Depuis la tragique nuit de la Saint-Sylvestre à Crans-Montana, ces petits tubes pyrotechniques ont l’odeur de la mort, celle de dizaines de jeunes qui ont perdu la vie dans le bar Le Constellation.

Très vite pointées du doigt par les autorités, les fontaines scintillantes sont désormais au cœur de l’enquête, qui devra déterminer les causes exactes du dramatique incendie qui a fait plus de quarante victimes et plus d’une centaine de blessés graves, dans la nuit du 31 décembre au 1ᵉʳ janvier dans la célèbre station valaisanne.

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Selon les premiers éléments, étayés par plusieurs vidéos tournées dans le bar, ces dispositifs crachant des étincelles auraient été en contact avec une mousse apparente située au plafond, servant d’isolation phonique, elle aussi dans le viseur des enquêteurs.

Depuis le drame, de nombreux night-clubs de Suisse, de France ou encore d’Italie ont tenu à prendre des mesures drastiques, en supprimant ces fontaines scintillantes de leur arsenal de fête. C’est notamment le cas du Melkior et du Bal’tazar, deux boîtes de nuit situées à Dijon, qui ont décidé de signifier publiquement, sur leur compte Instagram, la fin de l’utilisation de ces «fusées». Une publication qui cumule déjà plus d’un million de vues.

«Aujourd’hui, en silence, nous faisons un choix clair. Nous vidons et retirons définitivement toutes les fusées scintillantes de nos établissements»

Plus près de chez nous, à Lausanne, le célèbre D! Club a lui aussi fait ce choix, avec «effet immédiat, depuis le 1ᵉʳ janvier». Joint au téléphone par watson, son directeur évoque d’abord le drame: «Il n’y a pas de mots. Il n’y a rien de pire qu’une catastrophe comme celle-là, c’est tragique ce qu’il s’est passé. Toutes mes pensées vont aux victimes et à leurs familles», témoigne Thierry Wegmüller.

Selon ce très grand connaisseur des nuits romandes:

«Au D! Club, lorsque l’on servait une bouteille de champagne, de l’accompagner d’un tel cérémonial, pour marquer le coup, ça fait partie d’un show, c’est un spectacle. Depuis la nuit des temps et dans tous les clubs du monde. Comme on le fait pour un anniversaire, en privé, à la maison, sur un gâteau, ou dans un restaurant»
Thierry Wegmüller

Une pratique répandue, mais est-elle encadrée sur place?

«La qualité du matériel est absolument déterminante. Nous utilisions des bougies scintillantes certifiées, qui coûtent plus cher que celles que l’on trouve sur Wish ou d’autres sites internet bon marché. Et il ne faut pas oublier que les clubs sont soumis à des règles qui sont beaucoup plus restrictives que les bars»
Thierry Wegmüller, directeur du D! Club

Des dispositifs qui sont accompagnés de consignes de sécurité. Le patron du night-club lausannois, qui tenait un exemplaire dans sa main au moment de notre échange, nous en lit quelques lignes «forcément écrites en tout petit sur l’emballage». On y trouve notamment l’obligation d’une «distance de sécurité minimale d’un mètre par rapport aux spectateurs et aux matériaux combustibles». Ce qui, selon les photos et vidéos prises à Crans-Montana, n’a manifestement pas été respecté.

Au bout du fil, Thierry Wegmüller nous apprend également que, dans la foulée de sa décision de supprimer les bougies incandescentes du D! Club, la Commission suisse des bars et clubs a demandé officiellement à tous ses membres de s’en passer également.

Alors que bon nombre de night-clubs en Europe ont décidé, en ce début d’année dramatique, de ne plus utiliser cet arsenal de fête, est-ce forcément la fin d’une pratique, voire même d’une ère? «Les pratiques vont évoluer, c’est certain, mais il est encore trop tôt pour dire que c’est la fin d’une ère», nous glisse Thierry Wegmüller. Il faut savoir que le «bottle service», selon le New Yorker, tient ses origines de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les soldats japonais se faisaient servir des aiguières de saké, assis.

Mais c’est aux célèbres Bains Douches parisiens, dans les années 80, que la pratique s’est démocratisée autour d’un cérémonial permettant aux clients de s’assurer une place assise et... tous les regards. Un marqueur social important dans le monde de la nuit et un moyen de rentabiliser les soirées à l’avance pour les établissements.

Aujourd’hui, de Miami à Las Vegas, la réservation de table et les artifices qui l’accompagnent peuvent atteindre plusieurs milliers de francs: «Dans certains pays, il y a même les danseuses qui arrivent avec la bouteille. L’idée de prestige existe depuis le début de l’humanité».

«Je pense que l’on peut se passer de bougie incandescente. Et il y aura sans doute une réflexion de fond qui va naître avec, peut-être, une interdiction formelle de les utiliser. Une prise de conscience est saine. Ne serait-ce que pour éviter qu’un tel drame ne survienne à nouveau»
Thierry Wegmüller

Et les alternatives existent déjà, du côté des deux boîtes de nuit de Dijon, mais également au D! Club tout bientôt: les LED. Par SMS, et pour conclure notre échange, son directeur nous a d’ailleurs envoyé une photo des bougies qui «seront utilisées chez nous et que nous avions déjà testées l’an dernier»

Voici l’avenir, au D! Club de Lausanne:

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L'incendie dramatique du 1er janvier, à Crans-Montana (VS)
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L'incendie dramatique du 1er janvier, à Crans-Montana (VS)

Un incendie s'est produit ce jeudi 1er janvier à 1h30 dans un bar de la station de ski de Crans-Montana (VS).

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L'hommage vibrant aux victimes à Crans-Montana
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