Voici ce que dit le dernier rapport incendie du Constellation
Depuis le drame de Crans-Montana, la question de la protection incendie du bar «Le Constellation» est au centre de l’attention. On sait depuis un moment déjà que certaines prescriptions n’y étaient pas respectées et que l’établissement n’avait pas fait l’objet de contrôles réguliers. La NZZ am Sonntag a pu consulter pour la première fois le rapport de la dernière inspection de la police du feu de la commune, menée en mai 2019.
Il s’agit d’un dossier de quatre pages, portant le numéro «CH33PUB». On y voit que l’inspecteur a suivi une liste de contrôle standardisée. Il a notamment jugé «en ordre» la longueur des voies d’évacuation et la largeur de l’escalier. Dans le même temps, il a relevé que la cage d’escalier était habillée par des lambris de bois, ce qui ne correspondait pas aux normes en vigueur.
Un point reste toutefois flou. A la rubrique «absence de matériaux inflammables», la case «non» est cochée, sans autre précision. Avec la double négation, impossible de savoir si cela signifie que des matériaux inflammables étaient présents ou, au contraire, qu’il n’y en avait pas. Le document ne permet pas de trancher.
Ce qui frappe surtout, selon la NZZ am Sonntag, c’est l’absence totale de remarque sur la mousse fixée au plafond. Elle était pourtant bien visible et, d’après les enquêteurs, installée depuis 2015 déjà. A la place, l’inspecteur s’est attardé sur des manquements mineurs, comme l’absence de signalisation pour certains extincteurs ou l’éclairage des panneaux de sortie de secours qui n’avait pas été testé.
La mousse au plafond, qui a pris feu dans la nuit de la catastrophe, n’a donc pas été mentionnée. L’inspecteur a conclu que l’établissement pouvait continuer à fonctionner, à condition que les défauts relevés soient corrigés dans un délai de trois mois. Le contrôle a, dans l’ensemble, été jugé «positif».
La présence de la mousse au plafond n’a pas été signalée. Pourquoi? Cela reste une énigme, écrit la NZZ am Sonntag. L’inspecteur n’a pas souhaité s’exprimer. Le président de la commune de Crans-Montana a expliqué qu’un contrôle de l’inflammabilité des matériaux n’était pas prévu par la loi. Une affirmation aussitôt contestée publiquement par le conseiller d’Etat valaisan en charge de la sécurité.
La responsabilité des autorités en question
Selon la NZZ am Sonntag, une copie du dossier de protection incendie a toutefois été transmise tant au Conseil communal qu’au canton, ce qui montre que la responsabilité ne peut pas être imputée à un seul collaborateur.
La commune a reconnu publiquement que le bar n’avait pas été contrôlé entre 2019 et le tragique incendie. Par ailleurs, bien que des plans de construction aient manqué et que des travaux de transformation au sous-sol aient été exigés dès 2015 par le service cantonal du feu, aucune intervention n’a suivi.
Au-delà des propriétaires du Constellation, l'enquête pénale sur la catastrophe devra donc s'intéresser aux responsabilités de chacun, y compris des autorités compétentes. (hkl)
