Une première plainte pénale à Crans-Montana: ce qu'il faut savoir
Après l’incendie dévastateur qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana la nuit de la Saint-Sylvestre, une plainte pénale a été déposée ce week-end dernier auprès du Ministère public du canton du Valais contre des responsables communaux non identifiés.
Les chefs d’accusation portent sur l’homicide par négligence, les lésions corporelles graves par négligence ainsi que la négligence dans la propagation d’un incendie.
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Des questions fondamentales
L’incendie s’est déclaré à 1h30 dans le bar situé au sous-sol. Selon l’état actuel de l’enquête, il aurait été provoqué par des bougies fontaine fixés à des bouteilles de champagne, qui ont enflammé une isolation en mousse au plafond.
Un embrasement généralisé éclair et explosif aurait ensuite incendié l’ensemble de la pièce. Le sinistre a fait 40 morts au total, dont une grande partie étaient mineurs. 116 autres personnes ont été grièvement blessées et, pour beaucoup d'entre elles, luttent encore pour leur vie dans les hôpitaux.
La plainte pénale a été déposée par un juriste qui n’a pas été directement touché par la catastrophe, mais qui se trouvait dans le bar en août dernier. Elle soulève des questions fondamentales sur la politique de protection incendie menée par les autorités.
Selon le plaignant, de sérieux indices laissent penser que des règles de sécurité essentielles n’ont pas été respectées ou n’ont pas été correctement appliquées par la commune.
De nombreuses questions toujours en suspens
Parmi les manquements évoqués figurent des contrôles de protection incendie insuffisants ou trop rares, la tolérance présumée de dispositifs pyrotechniques à l’intérieur sans autorisation, l’utilisation de matériaux de construction inadaptés et hautement inflammables, ainsi que l’absence ou l’obstruction de voies de fuite.
Selon la plainte, seule une étroite cage d’escalier permettait de sortir de la partie inférieure du bar, ce qui pourrait constituer une violation des prescriptions en vigueur pour des établissements de cette taille.
Le Ministère public avait déjà annoncé, peu après le drame, vouloir examiner de manière approfondie toutes les circonstances de l’incendie ainsi que les éventuelles responsabilités pénales. Mais avec le dépôt de cette plainte, la classe politique se retrouve désormais encore davantage sous les projecteurs.
Contactée par CH Media (éditeur de watson), la commune n’a pas souhaité prendre position lundi. Un porte-parole a toutefois annoncé que les questions en suspens seraient abordées lors d’une conférence de presse prévue ce mardi matin.
