Elle dénonce la «corruption» en Valais, la Muni intervient
«Nous refusons le silence et l'oubli. Donnons-leur une voix, eux que l'ambition et la corruption ont réduits au silence»: sur les réseaux sociaux, l'organisatrice d'un hommage pour les neuf jeunes de Lutry décédés dans l'incendie de Crans-Montana n'y est pas allée par quatre chemins.
Appelant à une marche «pacifique» samedi prochain dans la commune vaudoise, elle écrit: «Les coupables doivent être condamnés. Les responsables doivent répondre de leurs actes». Avant de conclure:
Selon 24 heures, certains termes utilisés ont toutefois été un peu trop virulents pour la Municipalité. Si elle a autorisé la manifestation, elle a souhaité que le ton de l'annonce soit ajusté.
Contacté par le journal vaudois, le syndic de Lutry, Charles Monod (PLR), explique avoir voulu rendre «attentive l’organisatrice sur la violence de certains mots». Le municipal socialiste Alain Amy regrette de son côté le ton «un peu musclé» du flyer ainsi que l'utilisation de «mots implacables», et ce alors que «la justice suit son cours».
Des «réseaux d’influence»
Selon 24 heures, l'organisatrice de la marche blanche et auteure de l'annonce était proche des neuf victimes. Egalement jointe par le quotidien vaudois, elle parle d'un «hommage à ses amis disparus» et dénonce les «réseaux d’influence» à Crans-Montana et en Valais.
Elle évoque également le colère des jeunes endeuillés de Lutry et son étonnement en apprenant la remise en liberté de Jacques Moretti.
Selon 24 heures, une version édulcorée du flyer a finalement été diffusée lundi après la séance de la Municipalité. Les mots «négligence» et «appât du gain» y remplacent «corruption» et «ambition», et on y appelle désormais à «que justice soit faite» et que la «responsabilité soit clairement établie».
Une «génération décimée»
D'après 24 heures, entre 1000 et 1500 participants sont attendus ce 31 janvier à Lutry pour la marche blanche. Pour rappel, neuf adolescents de la commune ont perdu la vie lors de la tragédie du Nouvel An, et sept d'entre eux étaient membres du club de football local.
«On a une génération ici qui a été décimée et ça va être très, très difficile pour ceux qui restent de s'en relever», confiait le président du club, Stéphane Bise, à l'occasion d'un reportage après le drame. (jzs)
