Les anti-G7 s'apprêtent à accueillir «la délégation de l’enfer» à Genève
L’opposition au G7 d’Evian (15-17 juin) retient tant l’attention au vu des craintes qu’elle suscite à Genève, qu’on en a oublié le 1er Mai, Fête du travail. Ce jour-là, un vendredi, devrait se tenir le traditionnel défilé des syndicats. Le site d’extrême gauche Renversé en profite pour annoncer mercredi 22 avril qu’il prendra place dans le cortège genevois des travailleurs et des travailleuses «au sein du bloc révolutionnaire». Une manière d’annoncer la couleur à un mois et demi du G7:
Renversé avait mis en ligne début avril une carte de «multinationales et autres fripouilles» présentes dans le canton de Genève, qui pourraient se transformer en cibles pour les casseurs au moment du G7, craignent entre autres les milieux économiques.
Pour le 1er Mai, rendez-vous est donné au point de départ habituel des défilés de la Fête du travail, place Lise Girardin, près de la gare Cornavin. La faîtière syndicale CGAS était injoignable ce jeudi après-midi par téléphone pour confirmer la préparation d’une manifestation à cette date. Mais un membre d’un parti de gauche assure à watson qu’il y en aura une au point de départ indiqué et qu’il compte bien s’y rendre.
Aucune autorisation délivrée
Les invitations sont donc lancées. Côté autorités, Laurent Paoliello, chef de la communication du Département cantonal des institutions et du numérique (DIN), qui comprend la sécurité, rapporte qu’«aucune autorisation n’a encore été délivrée à ce jour pour un cortège du 1er Mai». Pas plus, d’ailleurs, que pour le contre-sommet que les anti-G7 («No-g7») souhaitent mettre sur pied mi-juin dans la cité de Calvin.
Là aussi, les invitations sont lancées. C’est le site alternatif Ragekit, basé à Lausanne et proche de la gauche radicale, qui s’en charge sur sa page Instagram. Dans une vidéo postée également le 22 avril, l’un de ses membres s’adresse, avec une pointe d’humour et la Marseillaise en fond sonore, aux «Français, Françaises et chers compatriotes suisses et du monde entier».
Plus loin, le même affirme: «Une coalition qui s’appelle No-G7 prépare un grand comité d’accueil pour rendre leur séjour inoubliable» (il parle des dirigeants du G7, qui regroupe les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Canada et le Japon). Le No-G7, annonce-t-il, se tiendra du 13 au 17 juin, une «grande fête d’accueil» étant prévue le 14.
De son côté, la section genevoise de la Jeunesse socialiste suisse devait décider jeudi soir de sa participation ou non au mouvement d'opposition au sommet d'Evian.
On ignore si la «tradition locale» renvoie au G8 qui s'était tenu en juin 2003 à Evian déjà et qui avait donné lieu à une casse mémorable au centre de Genève.
Pour l’heure, les anti-G7 donnent l’impression de vouloir mettre le Conseil d’Etat genevois devant le fait accompli. Reste à savoir si les parties négocient en coulisse.
