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Suppression des fanzones à cause du G7: l'UDC est en colère

Fanzone de Plainpalais, Genève, juillet 2018.
Fanzone de Plainpalais, Genève, juillet 2018. image: montage watson/keystone

«Les Genevois seront doublement punis» en juin et ça fait hurler l'UDC

Il n'y aura donc pas de fanzones à Genève et Lausanne pendant la coupe du monde de foot pour cause de G7 à Evian. La PLR est vent debout contre la manif anti-sommet prévue le 14 juin. L'UDC est plus énervée encore.
22.04.2026, 05:2922.04.2026, 08:10

A l’impossible nul n’est tenu. C’est armé de cet adage que le canton de Genève se déclare impuissant à garantir la sécurité des fanzones dans la cité de Calvin du 1er au 28 juin, durant la période de la coupe du monde de football. La même décision a été prise à Lausanne. On en connaît la raison: la tenue du G7 du 15 au 17 juin à Evian. Un appeau à casseurs, si l’on se réfère aux dégâts matériels commis en ville de Genève en marge du G8 de 2003, qui s’était déjà tenu dans la station thermale haut-savoyarde.

Mais pourquoi interdire les fanzones dans les périmètres concernés durant une période bien plus longue que la durée du G7 proprement dite? Réponse de Laurent Paoliello, le directeur de la communication du Département genevois des institutions et du numérique (DIN), qui comprend les forces de l’ordre:

«Parce qu’il faut compter avec le temps nécessaire à la montée en puissance du dispositif de sécurité et à sa démobilisation»
Laurent Paoliello, directeur de la communication du DIN

Autrement dit, la police cantonale ne peut pas avoir la tête à la sécurisation d’une fanzone pouvant accueillir 10 000 personnes à Plainpalais en plein Genève, alors que le devoir l’appelle ailleurs.

L'arrêté que personne n'a vu

Ce devoir procède d’un calcul et d’un choix des autorités. Constatons que nous étions passés à côté de l’arrêté du Conseil d’Etat du 26 novembre dernier, dans lequel il annonçait, certes très entre les lignes, qu’il n’y aurait pas de fanzones en ville de Genève aux dates indiquées plus haut. Toute l’énergie des forces de l’ordre, annonçait-il, serait absorbée par le G7 et différentes «manifestations (sportives, culturelles, festives…) qui n’ont pas de fort impact sur le domaine public et qui ne nécessitent pas de mobilisation policière exceptionnelle».

Ainsi, comme le rapporte aujourd’hui Laurent Paoliello, si l’habituelle fanzone de Plainpalais passe à l’as, ce n’est pas le cas du Bol d’or, la célèbre régate sur le Léman, qui aura lieu la première semaine de juin, ni de la Fête de la musique, agendée du 19 au 21, ni des Fêtes des écoles. Le Conseil d’Etat, et avec lui la Ville de Genève, se fondant sur l’expérience, auront peut-être considéré que les fanzones comme celle de Plainpalais, elle encore, sont propices à des phénomènes d’insécurité. Lors de l’Euro 2024, un certain 19 juin, la même place avait été prise d’assaut par 15 000 fans, bien au-dessus de la capacité maximale.

L'exception qui met l'UDC et le PLR en colère

Mais, et cela jette l’UDC et le PLR dans l’incompréhension, voire la colère, parmi les événements qui pourront être «autorisés» du 1er au 28 juin, figurent, selon l'arrêté précité, «les manifestations, dites "politiques", soit celles qui peuvent se prévaloir des libertés fondamentales, avec message d’opinons, des revendications, ainsi que les patriotiques».

Est ici concernée la manifestation prévue par la Grève féministe en sa traditionnelle date du 14 juin. Et qui a décidé d’en faire cette année un événement «No-G7». Une demande d’autorisation de manifester a été déposée au canton par un collectif de gauche radicale regroupant des mouvements anticapitalistes, féministes et propalestiniens.

«Nous n’avons pas encore donné de réponse à cette requête», relate Laurent Paoliello.

«Elle pourra être positive comme négative. Il faudra voir si cette manifestation sera statique ou en mouvement. Beaucoup de facteurs entrent en jeu. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas de village alternatif dans Genève. En particulier au parc des Bastions.»
Laurent Paoliello, directeur de la communication du DIN

«Double peine»

Les Suisses en veulent à la France d’externaliser en grande partie les retombées sécuritaires du G7, sachant que Genève, ville internationale, est un spot de choix pour qui veut faire du raffut. «Nous attendons encore des informations côté français sur l’organisation du sommet», explique Laurent Paoliello. Il reste l’espoir que Paris autorise l’installation d’un village alternatif sur territoire français. Une manifestation à Genève ne serait plus alors vraiment d’actualité…

Lionel Dugerdil, président de l’UDC genevoise et candidat battu à l’élection complémentaire du Conseil d’Etat l’an dernier, affirme que les Genevois, dans l’affaire, subissent «la double peine».

«D’une part, ils seront privés de fanzones, moment festif s’il en est, tous les quatre ans s’agissant de la coupe du monde. D’autre part, ils seront victimes, surtout les commerçants, de la casse qui ne manquera pas de se produire si une manifestation anti-G7 est autorisée.»
Lionel Dugerdil, président de l'UDC GE

Sur son compte Facebook, l’UDC genevoise résume d’une formule ce qu’est la situation à ses yeux:

«Les amateurs de foot chez eux, les casseurs dans les rues»
Site Facebook de l'UDC

Le PLR plus compréhensif, mais...

Côté PLR, on est plus compréhensif avec les autorités. Pierre Nicollier, président du parti genevois:

«Il nous apparaît judicieux de ne pas ajouter du travail aux forces de l’ordre en leur demandant en plus d’assurer la sécurité d’un lieu comme une fanzone. Mais alors, on ne voit pas pourquoi, dans le même temps, le Conseil d’Etat autoriserait une manifestation anti-G7, sachant qu’il y a de grands risques qu’elle fasse venir des dizaines de milliers de personnes à Genève et parmi elles de potentiels casseurs.»
Pierre Nicollier, président du PLR GE

Un projet de loi porté par la droite et le centre droit au Grand Conseil vise à interdire toute manifestation au moment du G7. Mais la cheffe du DIN, la socialiste Carole-Anne Kast, a déjà indiqué qu’elle n’y était pas favorable, la gauche, au-delà des questions idéologiques, estimant avec la ministre qu’une interdiction pure et simple de manifester pourrait être plus dommageable en termes sécuritaires qu’une autorisation assortie de conditions.

Des fanzones en campagne?

A noter que l’arrêté du 26 novembre dernier n’interdit pas l’installation d’une fanzone dans Genève à compter du 30 juin, la coupe du monde de football, qui commence le 11 juin, prenant fin le 19 juillet. Quant aux communes genevoises qui voudraient mettre sur pied des petites fanzones durant juin et juillet, elles pourront le faire, sous réserve d’une sécurité adéquate, assurée par leurs propres soins.

«Nous pourrions éventuellement mettre à disposition quelques forces de l’ordre cantonales»
Laurent Paoliello

A Lausanne, l’élu municipal à la sécurité, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand, déclare qu’«il n’y aura pas de fanzone dans le chef-lieu vaudois pendant toute la durée de la coupe du monde». Il s’explique:

«Nous n’avons pas refusé la mise sur pied d’une fanzone en tant que telle, nous avons renoncé à mettre un terrain à disposition, à l’endroit habituel, Ouchy, au bord du Léman, avant, pendant et après le G7.»
Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois

Lausanne comme à l'époque des Accords d'Evian

Le municipal ne souhaite pas indiquer si des délégations ou autres officiels du G7 séjourneront dans des hôtels lausannois durant le sommet d’Evian, situé en face de Lausanne. Cela rappelle l’époque des Accords d’Evian de 1962 auxquels la Suisse fut partie prenante et qui mettaient fin à la guerre d’Algérie. La délégation algérienne, qui faisait la navette, logeait dans le chef-lieu vaudois.

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