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Keller-Sutter aurait «humilié» Trump assure-t-on à Washington

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Karin Keller-Sutter n’a pas su adopter le ton approprié face à Donald Trump.Image: keystone

Keller-Sutter aurait «humilié» Trump assure-t-on à la Maison-Blanche

Les Etats-Unis imposent à la Suisse un tarif douanier de 39%. La question de son origine reste ouverte. Des sources proches de Trump tiennent de nouveau la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter pour seule responsable.
24.08.2025, 09:3424.08.2025, 09:34
Nico Conzett
Nico Conzett
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De nouveaux éléments surgissent chaque semaine sur l’appel de fin juillet entre Karin Keller-Sutter, présidente de la confédération, et Donald Trump, son homologue américain. A peine l’entretien terminé, un coup de massue tombait le 1er août: Washington imposerait 39% de droits de douane sur les produits suisses. Dès lors, Karin Keller-Sutter a été partiellement tenue pour responsable de la colère du locataire de la Maison-Blanche.

On lui reproche de ne pas avoir adopté le ton attendu par le président américain. Plutôt que des flatteries, elle a tenté de s’appuyer sur des arguments rationnels autour du déficit commercial des Etats-Unis avec la Suisse.

De récentes révélations ont toutefois dédouané la conseillère fédérale. La situation semblait de toute façon désespéré : Trump aurait été d’emblée de mauvaise humeur et fidèle à son style grossier.

Selon le Sonntagsblick, citant des sources gouvernementales américaines impliquées dans les discussions, cette lecture des faits ne convient pas à Washington. Pour les Américains, c’est l’attitude de Karin Keller-Sutter lors de son échange avec Trump qui a provoqué la riposte douanière visant la Suisse.

On savait déjà, via des fuites le week-end dernier, que Karin Keller-Sutter avait expliqué à Donald Trump la structure du déficit commercial. Elle soulignait ainsi, même indirectement, que son analyse n’avait pas de sens. Les économistes s’accordent largement sur ce point.

D’après les sources de Blick, Karin Keller-Sutter ne se serait pas contentée de rectifier Donald Trump. Pour les Américains, elle l’aurait «humilié» et gratifié d’un cours magistral d’économie.

D’après le compte rendu, Trump aurait été si vexé qu’il aurait dit à ses collaborateurs, juste après l’appel, qu’il ne voulait plus jamais traiter avec elle.

Une source aurait résumé:

«He's done with her»
«Il en a fini avec elle»

Un autre proche des discussions irait encore plus loin:

« Jamais un président américain en fonction n’aurait accepté d’être traité ainsi pendant une demi-heure par la présidente d’un autre pays. Bill Clinton aurait raccroché au bout de dix minutes. Barack Obama non plus n’aurait toléré l’attitude de Keller-Sutter.»

Les sources accusent même la présidente suisse d’être seule responsable de l’incident et des sanctions douanières. Trump aurait pris son attitude de façon si personnelle qu’il aurait répété à plusieurs reprises:

«Ce n’est pas un problème entre pays, mais un problème de personne»

Ces accusations contrastent avec ce que Trump a déclaré ensuite à la télévision américaine. Il affirmait que son interlocutrice était «gentille», mais qu’elle n’avait pas voulu écouter. Reste à savoir si c’était sa conviction réelle ou une manière de minimiser l’incident.

Mise en scène?

Ces révélations récentes doivent aussi être replacées dans leur contexte: aux Etats-Unis, certains intérêts particuliers jouent. Les équipes du secrétaire au Trésor Scott Bessent et du représentant au commerce Jamieson Greer, tout comme ces deux responsables eux-mêmes, auraient intérêt à présenter Karin Keller-Sutter sous un mauvais jour et à lui imputer l’entière responsabilité de ce fiasco douanier.

En effet, la délégation suisse était parvenue à un accord de principe avec les équipes de Bessent et Greer. L’entente, vue comme favorable à la Suisse, a été rejetée par Trump, qui l’a balayée sans hésiter.

On ignore encore ce qui s’est dit exactement pendant la demi-heure d’entretien entre Karin Keller-Sutter et Donald Trump. Mais les conséquences des nouveaux tarifs douanier sur l’économie suisse, elles, sont bien réelles. Les droits de douane de 39 % demeurent en vigueur. De nouvelles discussions ne devraient intervenir qu’en octobre, au plus tôt.

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