Pour Sergio Ermotti, qui s'est exprimé dans un entretien à Migros Magazine, une partie de la direction du conseil d'administration et des actionnaires de Credit Suisse ont mal travaillé pendant des années, ce qui a causé la déchéance de la banque. Le Tessinois s'est montré critique:
Sergio Ermotti estime que l'intégration de Credit Suisse est sur la bonne voie. «Actuellement, les clientes et clients de Credit Suisse sont en train de migrer vers les plateformes d'UBS», indique-t-il, ajoutant que les retards dans cette migration informatique constituaient le plus grand défi.
Le patron d'UBS se dit par ailleurs opposé à un durcissement généralisé de la réglementation bancaire en Suisse. Selon lui, introduire des règles que les autres pays ne connaissent pas affaiblit la place financière suisse.
Sergio Ermotti rejette également les critiques des petites entreprises qui craignent qu'UBS dicte sa loi en l'absence d'une deuxième grand banque.
«Il existe plus de 200 banques suisses et étrangères en Suisse. La concurrence fonctionne», relève-t-il. Les taux d'intérêt ont globalement augmenté, les exigences réglementaires ont été renforcées et l'environnement économique a fortement évolué au cours des dix-huit derniers mois.
Le salaire de 14 millions de francs que le patron d'UBS a perçu pour neuf mois de travail en 2023 a suscité beaucoup de critiques. Sergio Ermotti dit comprendre que cette rémunération puisse paraître excessive à beaucoup de personnes, mais rappelle dans le même temps qu'elle a été fixée par le conseil d'administration et a été approuvée par 90% des actionnaires lors de l'assemblée générale.
Il a argumenté que des montants similaires versés dans les milieux du sport et du divertissement ne suscitent pas autant de débats.
Sergio Ermotti revient également sur les raisons qui l'ont poussé à accepter de reprendre la direction générale d'UBS en avril 2023. «Deux facteurs ont été décisifs: j'ai estimé que c'était mon devoir et j'étais motivé à l'idée de contribuer à l'écriture de l'un des chapitres les plus importants de l'histoire de l'industrie financière mondiale», raconte-t-il.
(ats/awp)