Suisse
Economie

Le nombre de femmes dans les conseils d'administration pose problème

La part de femmes dans les conseils d'administration a cessé d'augmenter en 2026 selon Guido Schilling (en médaillon).
La part de femmes dans les conseils d'administration a cessé d'augmenter en 2026 selon Guido Schilling (en médaillon).Image: montage watson

Le nombre de femmes dans les conseils d'administration pose problème

La proportion de femmes dans les conseils d’administration suisses a plus que doublé en dix ans. Cette progression a cependant connu un coup d’arrêt en 2026.
30.08.2026, 21:0530.08.2026, 21:05
Florence Vuichard / ch media

Depuis le 6 mai dernier, tous les membres du conseil d’administration de Six sont des hommes. L’économiste espagnole Belén Romana García, qui siège notamment au sein de la banque Santander et d’Inditex, propriétaire de Zara, a en effet été remplacée par un homme après son départ, alors qu'elle était la seule femme parmi les neuf dirigeants de l'opérateur de la Bourse suisse.

Une baisse répandue

Six n’est de loin pas la seule entreprise à disposer d’un organe exclusivement masculin, comme le montre une nouvelle analyse du chasseur de têtes Guido Schilling sur le premier semestre 2026. Parmi les 180 plus grandes entreprises de Suisse, onze ne comptent pas une seule femme dans leur conseil d’administration.

Ce groupe comprend notamment l’exploitant d’hôpitaux et d’hôtels Aevis Victoria, le fabricant argovien de produits chimiques Dottikon ES ou encore Swiss Steel, une entreprise sidérurgique de Suisse centrale qui se bat pour obtenir des subventions. Comme Six, quinze autres entreprises comptent moins de femmes dans leur conseil d’administration qu’en 2025. Contrairement à Six, elles ne retombent toutefois pas toutes à zéro.

Des explications à donner l'an prochain

Certaines passent néanmoins sous le seuil légal de 30% imposé à partir de cette année. C’est notamment le cas de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) et de Julius Baer. Le groupe d’assurances Swiss Life ne respecte désormais plus non plus les prescriptions, à la suite du départ assez inattendu de l’ancienne directrice de CSS Philomena Colatrella durant l'hiver.

Si elles n’atteignent pas les 30%, les entreprises cotées en Bourse doivent expliquer pourquoi elles n’y sont pas parvenues. C’est ce que prévoit le principe «se conformer ou s’expliquer» imposé par l’ancienne conseillère fédérale chargée de la Justice Simonetta Sommaruga.

En parlant de Simonetta Sommaruga 👇

Les entreprises concernées bénéficient toutefois encore d’un délai de grâce accordé par les autorités. Comme elles ne devront fournir leur éventuelle «explication» que dans leur rapport de rémunération 2026, elles ont théoriquement jusqu’au 31 décembre pour augmenter la proportion de femmes au sein de leur conseil d’administration.

Beaucoup d'entreprises respectent la loi

Deux tiers des 150 plus grandes entreprises cotées étudiées par Guido Schilling, ainsi que 30 des principales sociétés suisses non cotées, respectent la valeur indicative définie par les responsables politiques. Dans l’ensemble des 180 conseils d’administration, la proportion de femmes atteint même 34%. Elle a ainsi plus que doublé en dix ans. Le chasseur de têtes n’en est pourtant pas satisfait, car il constate une interruption de la progression:

«La proportion de femmes stagne pour la toute première fois»

Guido Schilling étaye son constat avec une série d’autres chiffres. La proportion de femmes parmi les nouvelles personnes élues dans les conseils d’administration ne s’élève ainsi «plus qu’à» 37%, alors qu’elle oscillait entre 44 et 52% les années précédentes. Au total, 44 femmes ont quitté les 180 conseils d’administration étudiés au premier semestre 2026.

Certaines sont parties parce que leur mandat arrivait à échéance, comme Antoinette Hunziker-Ebneter à la Banque cantonale bernoise (BEKB) ou Monika Ribar aux CFF. D’autres ont en revanche jeté l’éponge après un an seulement, comme Yanni von Roy-Jiang chez l’équipementier automobile Autoneum ou Suwannee Ratthayabandith au sein du groupe commercial DKSH.

En parallèle, 55 femmes ont rejoint ces conseils d’administration au premier semestre 2026. Le bilan se limite donc à une hausse nette de onze femmes. «C’est le plus bas niveau depuis dix ans», affirme Guido Schilling. L’expert en recrutement observe ainsi une certaine saturation. Dès que les objectifs sont atteints et que la pression politique retombe, les efforts diminuent eux aussi. Selon lui:

«Cela montre à quel point la la diversité est ancrée profondément: elle ne l’est pas du tout»

Des raisons variées

Les raisons de ce recul dans la promotion des femmes sont probablement multiples. Premièrement, en période de difficultés économiques, les dirigeants d’entreprises ont volontiers recours à des recettes éprouvées et à des visages familiers, donc également aux hommes qu’ils connaissent de longue date.

Deuxièmement, les prises de position plutôt hostiles aux femmes venues des Etats-Unis ont peut-être eu un effet sur le monde économique suisse. Donald Trump a ainsi contraint des entreprises à mettre fin à leurs programmes de diversité, tandis que le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a appelé à davantage «d’énergie masculine».

Cette stagnation pourrait enfin également s’expliquer par des mécanismes liés aux carrières. Une fois le quota atteint, les conseils d’administration peuvent en effet recommencer à recruter des hommes. Et c’est précisément ce qu’ils font. (btr/az)

La première édition de «Take a Leap» est partie de Zurich pour traverser la Suisse.
1 / 4
La première édition de «Take a Leap» est partie de Zurich pour traverser la Suisse.
partager sur Facebookpartager sur X
La grêle a fait de nombreux dégâts chez les Alémaniques
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Les Lausannois ont rendu hommage à Marvin
Un an après le décès du jeune Marvin dans le quartier lausannois de Prélaz, ses proches ont présenté son album posthume lors du festival Afrique en Ville. Le public était au rendez-vous ce samedi 29 août dans le parc de Valency.
Il est 17 heures, ce samedi 29 août, lorsque Justin Bonga-Schärli, l'oncle de Marvin, monte sur la scène du festival Afrique en Ville au parc de Valency, à Lausanne (VD). Devant un public de plus en plus nombreux, il est venu présenter KDO, l'album posthume de son neveu décédé le 25 août 2025 en fuyant la police en scooter. Les jours qui ont suivi sa mort, des émeutes ont embrasé le quartier de Prélaz, situé non loin de là.
L’article