Pourquoi la Suisse se chauffe encore au gaz russe malgré les sanctions
Depuis peu, la Suisse applique une interdiction totale pour l'achat et l’importation de gaz naturel liquéfié russe. En février dernier, le Conseil fédéral avait décidé d'adopter le 19ᵉ paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, qui prévoit notamment cette interdiction.
Pour la Russie, l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) est devenue, au cours des quatre dernières années, une alternative au commerce de gaz transporté par pipeline et sanctionné, ainsi qu'une importante source de revenus.
Durant cette période, l’Europe a continuellement augmenté ses importations de. Alors que la part du GNL dans les importations totales de gaz de l’UE était encore de 20% en 2021, elle atteignait 45% en 2025. Ces chiffres proviennent du think tank bruxellois Bruegel.
Plus de la moitié du GNL européen provient désormais des États-Unis. Mais environ 20% provient encore de Russie, selon Bruegel.
En interdisant l’achat et l’importation de GNL russe, le Conseil fédéral cherche désormais à «réduire les revenus de la Russie issus de la vente de combustibles fossiles, qui financent de manière significative la guerre contre l’Ukraine». Cette interdiction est en vigueur depuis le 25 avril. Pour les contrats de livraison à long terme déjà conclus, une période transitoire court jusqu’à la fin de l’année.
Axpo dit avoir tiré la prise
Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la Suisse a réduit drastiquement ses achats de gaz russe. Le groupe énergétique Axpo, qui s’approvisionnait en matières en charbon, en pétrole, en métaux et en gaz naturel auprès de la Russie Russie, a laissé expirer ses contrats.
Contacté, Axpo écrit qu’il «prend bien entendu en compte toutes les sanctions actuelles et futures». Le gaz naturel liquéfié russe ne figure officiellement plus dans ses comptes.
D’autres groupes de matières premières ayant une présence en Suisse ont également fermé le robinet à Gazprom. Basée à Genève, la société Trafigura n’a ainsi plus importé de gaz naturel depuis le début de la guerre. L’interdiction du GNL décidée par le Conseil fédéral n’a donc pas d’impact sur ses activités, selon une porte-parole.
C’est notamment le cas de la filiale zougoise du groupe gazier Novatek, numéro deux en Russie derrière Gazprom. Les dernières sanctions devraient désormais mettre un coup d’arrêt à cette activité.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
