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Suisse: voici pourquoi vous vous chauffez peut-être encore au gaz russe

La d
Keystone
Analyse

Pourquoi la Suisse se chauffe encore au gaz russe malgré les sanctions

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe importe de plus en plus de gaz naturel liquéfié. Une part importante de cette matière première provient toujours de Russie.
10.05.2026, 21:0010.05.2026, 21:00
Gregory Remez

Depuis peu, la Suisse applique une interdiction totale pour l'achat et l’importation de gaz naturel liquéfié russe. En février dernier, le Conseil fédéral avait décidé d'adopter le 19ᵉ paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, qui prévoit notamment cette interdiction.

Pour la Russie, l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) est devenue, au cours des quatre dernières années, une alternative au commerce de gaz transporté par pipeline et sanctionné, ainsi qu'une importante source de revenus.

Durant cette période, l’Europe a continuellement augmenté ses importations de. Alors que la part du GNL dans les importations totales de gaz de l’UE était encore de 20% en 2021, elle atteignait 45% en 2025. Ces chiffres proviennent du think tank bruxellois Bruegel.

Plus de la moitié du GNL européen provient désormais des États-Unis. Mais environ 20% provient encore de Russie, selon Bruegel.

«Et comme la Suisse s’approvisionne sur le marché européen du gaz, et n’a aucun contrôle sur son origine, de nombreux foyers helvétiques continuent d'être chauffés avec du gaz provenant de Russie»

En interdisant l’achat et l’importation de GNL russe, le Conseil fédéral cherche désormais à «réduire les revenus de la Russie issus de la vente de combustibles fossiles, qui financent de manière significative la guerre contre l’Ukraine». Cette interdiction est en vigueur depuis le 25 avril. Pour les contrats de livraison à long terme déjà conclus, une période transitoire court jusqu’à la fin de l’année.

Axpo dit avoir tiré la prise

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la Suisse a réduit drastiquement ses achats de gaz russe. Le groupe énergétique Axpo, qui s’approvisionnait en matières en charbon, en pétrole, en métaux et en gaz naturel auprès de la Russie Russie, a laissé expirer ses contrats.

Contacté, Axpo écrit qu’il «prend bien entendu en compte toutes les sanctions actuelles et futures». Le gaz naturel liquéfié russe ne figure officiellement plus dans ses comptes.

«Les rapports annuels montrent que le plus grand producteur d’électricité suisse n’a plus de contrats avec le groupe Gazprom depuis fin 2022, et n’a conclu aucun nouveau contrat avec des contreparties russes depuis le début de la guerre»

D’autres groupes de matières premières ayant une présence en Suisse ont également fermé le robinet à Gazprom. Basée à Genève, la société Trafigura n’a ainsi plus importé de gaz naturel depuis le début de la guerre. L’interdiction du GNL décidée par le Conseil fédéral n’a donc pas d’impact sur ses activités, selon une porte-parole.

«Des sociétés enregistrées en Suisse continuent toutefois de façon isolée à réaliser des transaction avec du gaz naturel liquéfié russe»

C’est notamment le cas de la filiale zougoise du groupe gazier Novatek, numéro deux en Russie derrière Gazprom. Les dernières sanctions devraient désormais mettre un coup d’arrêt à cette activité.

Traduit de l'allemand par Joel Espi

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