Suisse
Espionnage

Kayser-Frutschi: la Suisse cible de cyberattaques

Pourquoi la Suisse représente un risque pour ses voisins

Selon l'élue centriste Karin Kayser-Frutschi, la Suisse est une «cible attractive» en matière de cyberattaques et d'espionnage et constitue un facteur d'insécurité pour les autres pays. Elle donne des pistes pour y remédier.
17.03.2026, 07:3117.03.2026, 07:31

Les cyberattaques et les cas d'espionnage sont en forte hausse en Suisse, avertit la présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP), Karin Kayser-Frutschi. «Il ne s'agit pas de menaces abstraites, mais d'attaques réelles», dit-elle.

L'espionnage vise en particulier les instituts de recherche, les entreprises innovantes, les infrastructures critiques et les administrations publiques, ajoute Kayser-Frutschi dans un entretien diffusé mardi par la Neue Zürcher Zeitung. Il s'effectue, remarque-t-elle, souvent par voie numérique, via des cyberattaques, mais aussi par des moyens de reconnaissance classiques, comme l'observation ou la prise de photographies d'installations sensibles.

Regierungsraetin Karin Kayser-Frutschi, Praesidentin KKJPD, spricht an einer Medienkonferenz zur Strategie der Schweiz zur Bekaempfung der Organisierten.Kriminalitaet, am Freitag, 19. Dezember 2025, i ...
Karin Kayser-FrutschiKeystone

«En tant que société ouverte, nous sommes une cible attractive pour les attaques hybrides», poursuit la ministre nidwaldienne de justice et police, appelant les organisations de sécurité civile à prendre conscience de ce danger.

Coopérer avec les «pays partenaires»

L'armée ne peut pas toujours soutenir les cantons dans ce domaine, car elle doit se concentrer davantage sur la défense nationale, relève Kayser-Frutschi. Elle demande des corps de police plus spécialisés et une plus grande coopération entre les cantons.

«Il est inefficace que, dans un pays aussi petit, tous les corps de police veuillent tout couvrir», ajoute-t-elle, soulignant que la sécurité doit reposer sur la coopération et non sur une «pensée cloisonnée» cantonale.

Pour l'élue centriste, la Suisse constitue un facteur d'insécurité pour les autres pays. «Nous ne faisons partie ni de l'UE ni de l'OTAN, mais nous sommes situés au cœur de l'Europe. Nous devons redoubler d'efforts et montrer à nos pays partenaires que nous souhaitons coopérer efficacement avec eux. C'est pourquoi la Suisse ne reçoit pas toujours toutes les informations importantes dont les polices cantonales ont besoin pour détecter les dangers à temps». (jzs/ats)

Copin comme cochon: les cyberattaques
Video: watson
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