«Les quatre villes qui étaient en lice avaient proposé de très bonnes candidatures, mais j'applaudis le choix des finalistes», explique Jean-Marc Richard au bout du fil. Le journaliste de la RTS qui fait partie de la délégation suisse qui choisira la chanson de 2025 tient à préciser qu'il «n'est pas dans le secret des dieux» et qu'il n'a pas participé à la sélection des villes, il accepte toutefois de nous donner ses impressions sur les finalistes.
Le concours de l'Eurovision 2025 sera organisé soit à Bâle, soit à Genève, quelle était votre première réaction?
Tout d'abord, il faut saluer les autres villes que sont Zurich et la candidature commune de Bienne et Berne. Je pense que ce qu'elles proposaient était à la hauteur de l'événement. Je ne peux pas vous dire quels sont les critères qui ont fait pencher la balance, car à ce niveau-là, chaque ville montre ses plus beaux atouts.
Les deux villes ont fait preuve de créativité dans leur candidature et ont peut-être mis en avant les atouts de leur situation géographique.
Vous voulez parler de leur zone transfrontalière?
Oui. Les deux villes qui ont été choisies ont un côté international, Bâle sur l'Allemagne et Genève sur la France. Comme je l'avais déjà évoqué lors de notre dernière interview, le coût du logement et les prix des hôtels sont un critère important pour accueillir les milliers de personnes qui viendront dans notre pays.
Vous pensez que cela a joué un rôle dans la décision de la SSR?
Je ne sais pas si c'est cela qui a fait pencher la balance, mais à mon avis, c'est un atout.
La ville de Zurich a dit regretter profondément cette décision, soulignant son expérience dans «l'organisation de grands évènements», Zurich était favorite non?
Pour moi, il n'y avait pas de favori. Je prends souvent l'exemple de Malmö en Suède qui a organisé plusieurs fois l'Eurovision. Ce n'est pas la capitale économique du pays, mais son dossier a convaincu. Zurich faisait figure de favorite selon les médias, car ses infrastructures, son aéroport et la capacité de son Hallenstadion étaient des atouts très importants, mais regardez les arguments de Genève et de Bâle, leur salle de spectacle, leur proximité avec leur aéroport, leur capacité hôtelière régionale, elles ont aussi de sacrés arguments.
Vous avez déclaré à watson que la logique voudrait que ce soit la Suisse alémanique qui organise le concours car Lausanne l'avait déjà fait en 1989, vous le pensez toujours?
Alors j'encourageais aussi les autres villes à postuler car cela ne se joue pas à un seul critère. Il est tout à fait possible que des régions voire des villes organisent plusieurs fois l'événement, c'est le cas de Malmö en Suède ou de Dublin en Irlande qui l'ont organisé chacune trois fois. Je connais très bien les membres du comité de sélection, d'ailleurs celui-ci est parfaitement équilibré au niveau linguistique. Ce comité est constitué de professionnels aguerris qui connaissent tous les rouages de ce type d'événement. Je ne pense pas que le critère linguistique entre en jeu. Ce qui compte c'est le dossier et Genève et Bâle ont chacun un dossier en béton.
Mais vous n'avez aucune préférence?
Non pas de préférence. Il n'y a pas de rivalité à créer entre ces villes, l'important c'est que le concours de l'Eurovision se déroule en Suisse. Je suis tellement heureux que la Suisse puisse enfin organiser cet événement majeur, je l'ai attendu depuis plus de trente ans, vous savez.