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Une prof poignardée par un élève de 14 ans

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Les faits se sont déroulés vers 14h00 dans cette station balnéaire au bord de la Méditerranée.Image: Shutterstock

Une prof poignardée par un élève de 14 ans

Une enseignante d'arts plastiques du sud-est de la France est entre la vie et la mort mardi soir après avoir été poignardée par un élève.
03.02.2026, 22:4803.02.2026, 22:48

Une enseignante d'arts plastiques âgée de 60 ans avait toujours son pronostic vital engagé mardi soir après avoir été poignardée en début d'après-midi dans sa classe par un de ses élèves, un adolescent, à Sanary-sur-Mer, dans le sud-est de la France.

Caroline Raimanne, une mère dont deux enfants sont scolarisés dans le collège La Guicharde, un établissement «calme» de 500 élèves, a appris la nouvelle «en direct à la radio». Son fils qui passait à ce moment-là devant la salle de classe a «vu la prof à terre pleine de sang», a-t-elle raconté.

Les faits se sont déroulés vers 14h00 dans cette station balnéaire au bord de la Méditerranée. L'enseignante a reçu trois coups de couteau à l'abdomen et un à l'avant-bras portés par un élève de 14 ans. L'élève a été ensuite «appréhendé dans la cour de récréation par un personnel de l'établissement» puis placé en garde à vue pour tentative d'assassinat, a précisé mardi soir dans un communiqué le procureur de Toulon Raphaël Balland.

Des tensions

Selon le procureur, «un signalement avait été effectué en mars 2025» par le collège à la suite «de suspicions de violences commises par les parents» sur la jeune soeur de cet élève. En septembre un juge des enfants «ordonnait (...) une mesure d'assistance éducative» au bénéfice de l'adolescent et de sa soeur.

«Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade» et «on sait seulement qu'il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps», avait déjà indiqué Balland dans l'après-midi lors d'un point presse sur place avec le préfet Simon Babre.

Le préfet avait alors précisé que l'enseignante était mardi après-midi «en cours d'opération chirurgicale» à l'hôpital Sainte-Anne de Toulon.

«Mes pensées vont immédiatement à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté éducative, dont je partage le vif émoi», a déclaré sur X le ministre de l'Education, Édouard Geffray, attendu dans le Var dans la soirée. «Le président de la République est tenu informé de l'état de santé de l'enseignante et de l'évolution de la situation», a dit son entourage.

Série d'agressions

«On est en soutien total de l'enseignante, sa famille, ses proches, ses collègues», a réagi auprès de l'AFP Habiba Hamames, présidente de la FCPE (parents d'élèves) du Var. D'après ses informations, «ça s'est passé au moment de la remise des copies, les élèves ont vu l'enseignante souffrir».

Une cellule d'urgence médico-psychologique à destination des collégiens, familles, professeurs et agents départementaux est mise en place, a annoncé de son côté le département du Var.

«Comment éviter ce genre de drame? Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C'est un collège d'une petite ville... on n'est pas à l'abri de ce type d'acte dans n'importe quel établissement»
Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var

Au-delà de «l'effroi», «il y a aussi une forme de ras-le-bol parce qu'il y a quand même une série d'agressions sur des personnels qui ne font que leur métier et qui se trouvent agressés parce qu'ils font leur métier», a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat, le premier pour les collèges et lycées. Et pour elle au-delà «des réponses uniquement sécuritaires», il y a «la nécessité d'une politique éducative ambitieuse».

En septembre, une enseignante avait été agressée au couteau dans un collège de Benfeld (Bas-Rhin, est de la France) par un de ses élèves, âgé de 14 ans, et un ancien élève avait blessé au couteau un élève et une professeure dans un lycée horticole d'Antibes (Alpes-Maritimes, sud).

Ces derniers mois, une surveillante a en outre été tuée en juin à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne, est) par un adolescent de 14 ans au cours d'une fouille de sacs par des policiers et, en avril, un lycéen a tué une adolescente de 15 ans et blessé trois autres personnes dans un lycée de Nantes (ouest).

Ombre de Samuel Paty

Beaucoup de professeurs disent avoir toujours en tête Samuel Paty, l'enseignant d'histoire-géographie décapité en octobre 2020 par un jeune homme radicalisé, après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Le procès en appel se déroule actuellement à Paris. Un décret paru en juillet en France prévoit que tout élève portant une arme soit systématiquement traduit devant le conseil de discipline de son collège ou de son lycée. (sda/ats/afp)

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