Suisse
Fribourg

Éolien fribourgeois: six communes contestent l’analyse des vents

La commune de Val-de-Ruz (NE) entend couvrir à terme 50 à 60% de ses besoins en électricité via l'énergie éolienne (archives).
Dans le canton de Fribourg, plusieurs communes contestent les données de vent utilisées pour les projets éoliens.Keystone

Six communes contestent l’analyse des vents pour l’éolien à Fribourg

Opposées à plusieurs projets de parcs éoliens, six communes du canton de Fribourg remettent en cause la nouvelle analyse des vents, qu’elles jugent biaisée, tandis que les autorités défendent une méthode scientifique reconnue et conforme aux standards fédéraux.
19.04.2026, 10:2119.04.2026, 10:21

Sensible, le dossier du développement de l'énergie éolienne continue à faire réagir dans le canton de Fribourg. Six communes opposées (Billens-Hennens, Sâles, Vuisternens-devant-Romont, Belfaux, La Sonnaz et La Verrerie) critiquent la nouvelle analyse des vents.

Ces dernières, via leur avocat, ont indiqué il y a quelques jours que les vitesses de vent à Billens-Hennens avaient été corrigées. Il y a un mois, l'Etat de Fribourg avait annoncé que les données de la planification éolienne cantonale avaient été confirmées sur le site, après démontage le 4 mars du mât de mesure en fonction durant un an.

Le constat ressortait du rapport du bureau d'étude Meteotest AG, à Berne, sur le potentiel du périmètre «Côte du Glâney», dans le district de la Glâne. Pour mémoire, l'installation s'inscrivait dans le cadre du mandat donné par le Grand Conseil fribourgeois au Conseil d’Etat, pas plus tard qu'en mars 2024.

Discrédit

A la suite d'une analyse «étayée» transmise le 3 mars dernier, à l'appui d'un communiqué de presse et du rapport décaviardé de l'IDHEAP, les communes opposées au volet éolien du plan directeur fribourgeois font fait l'objet d'une «campagne tendant à discréditer leur démarche», déplorent par ailleurs ces collectivités publiques.

«Incapable de présenter des arguments pertinents sur le fond, la Direction de l'économie, de l'emploi et de la formation professionnelle (ndlr: la DEEF chargée de l'énergie également) s'attaque à la forme, en voulant faire passer les communes pour des complotistes», regrettent les communes dans un message.

Billens-Hennens, Sâles, Vuisternens-devant-Romont, Belfaux, La Sonnaz et La Verrerie se sont donc penchées sur l'expertise des mesures de vent effectuées à Billens. Les six communes constatent qu'un facteur correctif de +9,6% a été appliqué aux données. Selon elles, sans ce facteur, les vitesses de vent sont «très faibles».

Protocole

A leurs yeux, celles-ci «conduiraient partout ailleurs en Europe à l'abandon du projet». En conséquence, les quantités d’énergie évoquées dans l'étude ne seront atteintes qu'avec «des Enercon E-138 de 229 mètres de haut», des machines «parmi les plus grandes en Europe», avance l'argumentaire des communes opposantes.

Leur avocat invite ainsi à mettre en balance la taille avancée, le rendement (non corrigé) et les «innombrables autres intérêts» en jeu. La DEEF a rappelé pour sa part que le recours à ce facteur de correction est «scientifiquement admis» et résulte d'un «protocole normé, reconnu en outre par la Confédération».

Le correctif vise à tenir compte d'une vitesse moyenne de vent sur les dix ans écoulés, observée dans des stations environnantes de référence, et non à se baser «sur les valeurs d'une année qui pourrait être plus ou moins favorable. En l'occurrence, l'année 2025 était une année faiblement venteuse».

Communes impliquées

De plus, le modèle d'éolienne envisagé dans l'étude de Meteotest est «indicatif», relève la DEEF, citée mardi dans le quotidien La Liberté. Le choix des machines «dépendra d'un éventuel développeur, des études qu'il réalisera et des discussions qu'il mènera avec les communes concernées, le cas échéant», explique encore la direction.

«Les communes seront toujours prises en considération», insistent les services du ministre Olivier Curty. La mise en zone d'un parc éolien est du ressort communal, selon la DEEF. Et «il n'a jamais été question de supprimer ce droit. Le droit fédéral précise aussi que les communes doivent être impliquées dans l'élaboration des projets».

La DEEF rejette de la sorte un autre grief des six communes. Ces dernières reviennent plus loin sur le mandat d'étude confié en janvier 2016 à Ennova, la filiale des Services industriels de Genève (SIG) chargée d'accompagner le groupe de travail du canton de Fribourg pour la planification.

Coûteux retard

Ce mandat prouve, selon elles, que le processus n'est pas parti de 59 zones potentielles pour aboutir aux 7 sites retenus dans le plan éolien. Une position déjà démentie par le canton. Ennova a transmis d'ailleurs en janvier à Paysage Libre Fribourg les évaluations de vent des 59 sites, après un arrêt du Tribunal cantonal de novembre.

Loin d'adopter «une idéologie anti-éolienne», les communes disent «ne pas accepter les conditions foncièrement biaisées» qui ont conduit au plan en révision. «L'acharnement contre une planification validée par le Conseil fédéral en 2020 a déjà coûté des sommes considérables aux contribuables fribourgeois», regrette encore la DEEF.

Le 6 mars, en outre, une analyse effectuée par Meteotest a confirmé les résultats et les conclusions de l'étude réalisée en 2016 dans le canton. Selon ce dernier, Meteotest juge la méthodologie et les constatations «corrects et compréhensibles», y compris la sélection des six périmètres présentant les meilleures ressources en vent. (tib/ats)

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