Suisse
Fribourg

Fribourg veut combler cette lacune en matière de féminicide

La motion a été déposée en avril juste après le féminicide d'Epagny (image d'illustration).
La motion a été déposée en avril juste après le féminicide d'Epagny (image d'illustration).Image: Shutterstock

Ce canton veut combler une lacune suisse en matière de féminicide

Fribourg veut inciter à inscrire le féminicide dans le Code pénal. Malgré l'opposition du Conseil d'Etat, les élus ont accepté un motion en ce sens.
18.12.2025, 12:5818.12.2025, 12:58

Les députés fribourgeois ont accepté jeudi une motion demandant au canton de faire usage de son droit d’initiative en matière fédérale pour inviter les Chambres fédérales à intégrer le féminicide au Code pénal suisse. Le Conseil d'Etat proposait de rejeter le texte.

La motion a passé la rampe par 49 voix contre 41 et 5 abstentions. Emanant des députés vert'libéraux Catherine Esseiva et Daniel Savary, elle a été déposée en avril, juste après le féminicide d'Epagny, en Gruyère, et dans un contexte général où ces meurtres ou assassinats font régulièrement la une de l'actualité.

Aux yeux des deux motionnaires PVL, le cadre législatif actuel ne suffit plus. Il «échoue à rendre visible la spécificité des homicides sexistes, à en souligner la dimension structurelle et à provoquer une véritable prise de conscience collective», ont-ils souligné devant le plénum.

Risque d'«une inflation législative»

L’inscription du féminicide dans le Code pénal suisse est demandée également par nombre d’associations ou collectifs de lutte contre les violences faites aux femmes. Une démarche qui entend nommer et mieux prendre en compte «une infraction qui cause toujours une très vive émotion dans la population quand elle se produit».

La motion n'a pas convaincu le conseiller d'Etat Romain Collaud, chargé de la justice. Dans sa réponse, il a avancé notamment le fait que le cadre juridique actuel permet déjà de «réprimer» les féminicides, tout en rappelant que le droit pénal suisse «repose sur une architecture fondée sur des principes essentiels».

«L’introduction d’une infraction spécifique applicable uniquement aux meurtres de femmes romprait avec une logique égalitaire», estime le Conseil d'Etat, avant de mentionner qu’une «telle réforme pourrait conduire à une inflation législative, risquant d’affaiblir la clarté, la cohérence et la lisibilité du Code pénal».

Un bracelet électronique pour suivre les auteurs

Pour lutter contre les violences faites aux femmes, il faut agir via la prévention, la répression et la protection des victimes, a noté l'exécutif. Fribourg s’est doté en outre d’une stratégie cantonale en la matière. Le Grand Conseil a aussi voté en juin une motion visant à créer une loi spécifique sur les violences conjugales.

Par ailleurs, le Conseil d’Etat a annoncé mercredi accorder une priorité à la lutte contre la violence domestique en autorisant l’engagement de moyens financiers. Une volonté qui se traduit par le maintien des dépenses prévues pour 2026, dont la pérennisation du montant de 485 000 francs alloué à Solidarité femmes.

Il y a également 381 000 francs pour la ligne téléphonique nationale d’aide aux victimes ainsi que 909 000 francs pour la mise en place de l’unité de médecine des violences à l'Hôpital fribourgeois (HFR). Et un poste à 20% a été confirmé pour la poursuite des travaux concernant la loi cantonale contre les violences domestiques.

Au-delà, le gouvernement a autorisé l’adhésion, non prévue au budget, à une structure regroupant déjà la très grande majorité des cantons, à savoir l’association Electronic Monitoring (EM). Cette dernière propose une solution de bracelet électronique permettant «concrètement» un suivi en temps réel des auteurs. (jzs/ats)

Un tripotage de fesses indigne l'Italie
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Ces Suisses ont souffert d'un mal terrible en fabriquant des allumettes
Au cours de la seconde moitié du 19ᵉ siècle, la fabrication d’allumettes à base de phosphore jaune créa des emplois dans la région défavorisée de Frutigen. Une industrie des allumettes vit alors le jour, caractérisée par le travail des enfants et des conditions dangereuses pour la santé. Sa conséquence la plus grave était la phosphonécrose, une maladie terrible qui détruisait les os de la mâchoire.
L’arrivée des allumettes «chimiques» dans les années 1830 simplifia considérablement le quotidien en mettant fin aux fastidieuses manipulations impliquant silex et allume-feu. L’un des pionniers du domaine était Jakob Friedrich Kammerer, un réfugié allemand qui créa en 1839 à Zurich-Riesbach la première fabrique d’allumettes au phosphore en Suisse.
L’article