Crans-Montana: Guy Parmelin a un plan pour apaiser la colère de Meloni
La tension entre l'Italie et la Suisse persiste. Depuis la catastrophe de l'incendie de Crans-Montana ayant coûté la vie à 41 personnes le 1er janvier dernier, les politiciens et les médias italiens critiquent vivement les autorités suisses.
Six ressortissants italiens ont perdu la vie dans l'incendie du bar, et onze ont été blessés. Depuis, un nouveau motif d'irritation est apparu: des factures hospitalières du canton du Valais sont récemment parvenues en Italie, avec copie aux proches des victimes.
La présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, s'était alors déclarée «choquée» sur X et a même évoqué une insulte et une dérision que seule une «bureaucratie inhumaine» pouvait engendrer.
D'importantes tensions diplomatiques
L'ambassadeur d'Italie à Berne a en outre déclaré au Tages-Anzeiger qu'il serait «scandaleux» d'exiger de l'Etat italien le remboursement des coûts d'une tragédie causée par l'irresponsabilité des exploitants et des autorités helvétiques.
L'ambassadeur Gian Lorenzo Cornado reproche aux autorités suisses de traiter la tragédie de Crans-Montana «comme un accident de ski». Il a déploré:
Auparavant, dans le pays voisin du sud, la communication des autorités compétentes ainsi que la conduite du ministère public valaisan avaient suscité de vives réactions. Leitmotiv: la Suisse aborderait la gestion et le traitement de la tragédie avec trop de bureaucratie et d'étroitesse d'esprit.
Le président de la Confédération, Guy Parmelin (UDC), est préoccupé par les tensions persistantes entre la Suisse et l'Italie. Aussi, il souhaite améliorer rapidement la situation. C'est pourquoi son département a travaillé ces derniers jours sur des initiatives diplomatiques. Parmelin doit ainsi rencontrer, en l'espace de trois jours seulement, d'abord la présidente du Conseil Giorgia Meloni, puis le président de la République italienne, Sergio Mattarella.
Plusieurs rencontres successives
Le plan est le suivant: lundi prochain se tient en Arménie le sommet de la Communauté politique européenne. Ce groupement a été créé en 2022 à l'initiative du président français Emmanuel Macron. 47 pays d'Europe et d'Asie occidentale en font partie, dont la Suisse. Parmelin se rend en Arménie dimanche.
En marge du sommet à Erevan, la capitale arménienne, une rencontre entre Giorgia Meloni et Guy Parmelin est prévue. Les tensions consécutives à la catastrophe de l'incendie de Crans-Montana doivent y être abordées.
Le mercredi suivant, les nouvelles recrues de la Garde suisse seront assermentées au Vatican. Guy Parmelin s'envolera pour Rome dès le mardi pour cette occasion solennelle. Un entretien avec Sergio Mattarella doit y avoir lieu. Parmelin avait déjà rencontré le président de la République italienne en février, en marge des Jeux olympiques de Milan. Au sein de la délégation suisse, on s'était montré impressionné par la sérénité du chef de l'Etat.
Ces deux rencontres rapprochées doivent permettre de dissiper d'éventuels malentendus. Au département de Parmelin, on indique: le président de la Confédération aurait une certaine compréhension pour la réaction des Italiens face aux factures hospitalières envoyées. Parmelin insiste, au sein du Conseil fédéral, pour que les factures soient retenues.
Une table ronde pour clarifier la situation
Le magistrat UDC serait d'avis que les modalités de paiement pourraient être examinées à la table ronde. Cette instance doit rassembler les victimes de l'incendie et leurs proches avec les assurances, les organisations et personnes potentiellement tenues à des prestations, ainsi que les autorités compétentes.
Le Conseil fédéral a désigné l'ancien conseiller d'Etat neuchâtelois Laurent Kurth comme responsable de la table ronde. L'objectif est de parvenir à des règlements à l'amiable, afin d'éviter de longues procédures judiciaires.
Sur le plan juridique, la démarche de l'hôpital de Sion, qui a envoyé des factures en Italie, était correcte. Les Etats de l'Union européenne et de l'Association européenne de libre-échange (AELE) ont conclu un accord visant à empêcher que quiconque se retrouve sans couverture des coûts en cas d'urgence médicale. Harald Sohns, porte-parole de l'Office fédéral des assurances sociales, indique:
La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, fait maintenant comprendre que l'Italie n'envisage pas de régler les factures hospitalières arrivées de Suisse en lien avec Crans-Montana. L'ambassadeur rappelle que des victimes suisses ont été traitées dans un hôpital de Milan, et qu'aucune facture n'aurait été envoyée pour cela.
Urs Wiedmer, porte-parole de Parmelin, a communiqué mercredi soir:
Les détails de la prise en charge des coûts doivent être clarifiés à la table ronde de Crans-Montana.
