Crans-Montana: des factures énervent Giorgia Meloni et l'Italie
«Des montants vertigineux pour un court séjour hospitalier». Selon l'agence Ansa, trois familles italiennes ont eu la fâcheuse surprise de recevoir de grosses factures pour des soins prodigués à l’hôpital de Sion après l'incendie de Crans-Montana.
L'agence évoque des sommes allant de 17 000 à 67 000 francs. Sur chaque décompte, une note stipule toutefois qu'il ne s'agit que d'une communication informative et que «cette facture ne doit pas être payée.»
Contacté par Ansa, le département valaisan de la santé, dirigé, par Mathias Reynard assure que les «prestations médicales de l’hôpital du Valais ne sont pas à la charge des familles». Mais ces importants montants ont semé la confusion auprès de certains proches. «Nous avons été très surpris, mon fils a simplement été stabilisé sur place avant son transfert», confie au Corriere della Sera le père d'un ado de 16 ans blessé dans l'incendie.
Il souligne que le jeune homme a passé moins de 15 heures à l'hôpital de Sion. Et d'ajouter:
L'homme dit avoir pris contact avec l'ambassade d'Italie pour obtenir une confirmation écrite comme quoi il n'avait rien à payer. «Ce serait le comble après ce que nos enfants ont vécu», s'indigne-t-il.
Meloni dénonce une «bureaucratie inhumaine»
Le Corriere della Sera fait état d'un échange téléphonique survenu lundi entre Mathias Reynard et Gian Lorenzo Cornado, ambassadeur d'Italie à Berne, lors duquel ces factures ont été évoquées.
«J’ai parlé avec le président, qui m’a immédiatement assuré que l’envoi de cette facture résulte d’une erreur et qu’absolument rien n’est dû par les familles des jeunes blessés», confie l'ambassadeur au journal italien. «Toutes les dépenses seront prises en charge par le canton du Valais et par la Suisse, et aucun remboursement ne sera demandé à l’Etat italien ni aux régions, conformément aux accords en vigueur entre les deux pays.»
L'affaire a également fait réagir Giorgia Meloni. Ce mardi, la cheffe du gouvernement italien a dénoncé sur ses réseaux sociaux «une insulte, en plus d’une injustice, que seule une bureaucratie inhumaine pouvait produire».
Une procédure suisse critiquée
Pour rappel, les tensions étaient vives entre l'Italie et la Suisse après le drame du Constellation, lors duquel six Italiens ont perdu la vie. Le pays transalpin s'était montré très critique sur la manière dont l'enquête était menée par les autorités helvétiques.
L'ambassadeur Gian Lorenzo Cornado avait même été temporairement rappelé à Rome le 24 janvier dernier, avant de revenir début avril. (jzs)
