Logement: cet aspect souvent oublié est crucial pour les Suisses
On parle loyers, mètres carrés et pénurie de logements. Mais pour beaucoup de Suissesses et de Suisses, le vrai critère du bien-être se trouve juste derrière la porte palière. Selon une enquête représentative de Comparis, deux tiers de la population estiment qu’un bon contact avec le voisinage est déterminant pour leur satisfaction en matière de logement.
«Nous discutons sans cesse des prix au mètre carré. Mais le sentiment de bien-être naît dans la cage d’escalier», résume Harry Büsser, expert immobilier chez Comparis. Autrement dit: un appartement parfait peut perdre toute sa valeur si l’ambiance dans l’immeuble est mauvaise.
Les Romands plus sensibles au voisinage
L’importance accordée aux relations de voisinage varie selon l’âge et la région. Trois quarts des plus de 55 ans jugent ces relations importantes ou très importantes, contre 68% des 36-55 ans et 55% des moins de 36 ans. Les ménages avec enfants y sont également plus attentifs (71%).
En Suisse romande, le voisinage joue un rôle encore plus central: 76% des personnes interrogées y attachent de l’importance, contre 63% en Suisse alémanique. «Le voisinage fait davantage partie de la culture quotidienne en Suisse romande», observe Harry Büsser.
72% des sondés échangent avec au moins un voisin au moins une fois par semaine, et un tiers plusieurs fois par semaine. En cause: les rencontres spontanées dans l’ascenseur, la buanderie ou la cage d’escalier, très courantes dans un pays majoritairement de locataires.
Surtout, la cohabitation se passe globalement bien. 82% des Suissesses et des Suisses déclarent ne s’être jamais sentis menacés ou mal à l’aise dans leur voisinage au cours des douze derniers mois. Et 65% se disent satisfaits ou très satisfaits de leurs relations de voisinage. La satisfaction grimpe même à 71% chez les plus de 55 ans. Ce qui est plutôt rassurant pour l'expert immobilier de Comparis qui relève un point important:
Fait «surprenant» selon le communiqué de Comparis, ce sont les agglomérations qui affichent le meilleur climat social: 73% de satisfaction, contre 61% en ville et 63% à la campagne. Harry Büsser note:
Près d’une personne sur deux dit aussi pouvoir compter sur ses voisins pour un coup de main ponctuel. Cette entraide est plus marquée en Suisse alémanique.
Conclusion de l’expert: un bon voisinage n’a pas de prix. Il peut transformer un logement ordinaire en véritable chez-soi ou, au contraire, ruiner l’appartement de ses rêves. Une donnée souvent oubliée, mais manifestement essentielle, dans un marché immobilier sous tension. (hun)
