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Travail: pourquoi une majorité de Suisses refuse les longs trajets

«Les trajets domicile-travail sont comme une taxe sur le bien-être».
Malgré le manque de logements, les Suisses préfèrent rester à proximité de leur lieu de travail.Image: Keystone / Imago / Comparis, montage watson

Loyer élevé ou long trajet? Voici le choix des Suisses

Malgré la flambée des prix et la pénurie de logements, les Suisses privilégient des trajets courts: la proximité du travail reste plus importante que les économies sur le loyer, selon Comparis.
17.02.2026, 00:3017.02.2026, 05:30

Selon une étude Comparis, malgré la pénurie de logements qui sévit dans le pays et la hausse des loyers, les Suisses privilégient la proximité du travail.

En effet, seules 23% des personnes interrogées ont accepté un trajet plus long pour réduire leur loyer lors de leur dernier déménagement, tandis que 77% ont refusé. La brièveté des trajets reste prioritaire. Harry Büsser, expert immobilier chez Comparis, résume:

«La brièveté des trajets est actuellement plus importante que la pression sur le marché du logement»
«La Suisse est un pays de courtes distances, et elle veut le rester. Beaucoup préfèrent payer un loyer élevé plutôt que de perdre chaque jour du temps, de l’énergie et des nerfs dans les transports.»

Comparis note également qu'après la pandémie de Covid, 91% des adultes suisses effectuent à nouveau plusieurs fois par semaine des trajets domicile-travail ou domicile-école. Büsser commente:

«Le retour au bureau est moins une conséquence de nouvelles nécessités que le fait de vieilles habitudes. Les conséquences pour le marché du logement et les trajets domicile-travail sont considérables.»

Les trajets longs n'ont pas la cote

Malgré les évolutions du travail, les Suisses restent attachés à des trajets courts: près de la moitié (49%) des personnes interrogées refusent de dépasser 30 minutes de transport quotidien. Seuls 11% acceptent un trajet maximal de 15 minutes, tandis que la majorité (38%) tolère un temps de 16 à 30 minutes.

Une minorité se résout à des trajets plus longs: 28% pour 31 à 45 minutes, 19% pour 46 à 60 minutes, et seulement 5% pour plus d’une heure.

Un réel impact négatif sur la vie quotidienne

Et ces données n'ont rien de surprenant. Des études internationales démontrent que les trajets pendulaires de longue durée amoindrissent considérablement la perception des conditions de vie des travailleurs, en Suisse comme dans le reste de l'Europe. Harry Büsser ajoute:

«La demi-heure est une limite psychologique. Tout ce qui va au-delà est perçu comme une contrainte permanente»
«Les trajets domicile-travail sont comme une taxe supplémentaire quotidienne sur le bien-être, et personne ne veut payer cet impôt à long terme.»

La moitié des Suisses (50%) effectuent leurs trajets réguliers sous la barre des 16 kilomètres, et 68% restent en-dessous des 31 kilomètres.

Les distances les plus courantes sont 0–5 kilomètres (20%) et 16–30 kilomètres (18%), tandis que 17% parcourent 6–10 kilomètres et 13% 11–15 kilomètres. Seuls 11% couvrent 31–50 kilomètres, 5% 51–80 kilomètres, et 7% dépassent les 80 kilomètres.

De fortes disparités

Comme indiqué plus haut, seuls 23% des personnes interrogées ont délibérément accepté d'allonger leurs trajets pour réduire leur loyer, mais des écarts apparaissent: 27% des hommes ont fait ce choix, contre 20% des femmes. Büsser analyse:

«Cela est probablement dû au fait que les femmes organisent encore généralement la vie quotidienne de la famille. Pour elles, la proximité n’est donc pas un luxe, mais une condition nécessaire.»

L’âge influence aussi cette décision: 27% des 18–35 ans acceptent des trajets plus longs pour économiser, contre seulement 19% des plus de 56 ans. Büsser indique:

«La différence entre les générations est probablement aussi liée au fait que les jeunes disposent de moyens financiers plutôt limités. Mais même eux ont une limite.»

Pour se déplacer, la voiture reste favorite

Pour ce qui est des modes de déplacement, la voiture domine, avec 50% des personnes interrogées, surtout pour les trajets de plus de 80 kilomètres.

«Le fait qu’environ la moitié des pendulaires se déplacent principalement en voiture révèle un problème structurel»
Harry Büsser, expert immobilier Comparis
«Le logement et le travail s’éloignent l’un de l’autre, et la voiture comble cette lacune de manière confortable pour beaucoup.»

Les transports publics (33%) sont privilégiés sur les distances moyennes: 25% pour les trajets équivalents à 5 kilomètres ou moins et 40% pour ceux de 16 à 30 kilomètres. Cependant, leur usage baisse au-delà de 30 kilomètres. Ils représentent tout de même encore 29% pour les trajet supérieurs à 80 kilomètres.

Le vélo ou vélo électrique (7%) et la marche (8%) concernent surtout les courtes distances (≤10 km). Les trottinettes et motos restent marginales avec 2%, sans différence marquante entre les échelons de distances. Harry Büsser conclut:

«La politique ne doit passe bercer de l’illusion qu’il est possible de pallier la pénurie de logements par le recours aux trajets pendulaires.»
«Les gens ne jouent pas le jeu»

(ysc)

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