Ces cantons romands figurent parmi les plus innovants de Suisse
Quels cantons suisses sont-ils les plus créatifs et innovants? La Haute école spécialisée de Lucerne (HSLU) a établi pour la seconde fois l'Indice Cantonal de l'Innovation et de la Créativité (ICIC), désormais en collaboration avec l’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI). Il existe depuis plusieurs années un indice comparable à l’échelle mondiale, le Global Innovation Index (GII). La Suisse y occupe la première place depuis plus de dix ans.
Mais qu’en est-il au sein même de la Suisse? Quels cantons sont en tête? Lesquels n’ont pas encore pleinement exploité leur potentiel? Cette année encore, ce sont les cantons de Zoug et de Bâle-Ville qui dominent le classement, comme lors de la première édition du ICIC en 2025.
De hauts-lieux économiques en tête
Alors que Zoug reste en tête du classement grâce à d’excellents résultats en matière de créations d’entreprises, de croissance économique et de facteurs de soutien (notamment les incitations fiscales), Bâle-Ville se distingue par une performance exceptionnelle en tant que métropole culturelle et par son rôle de pionnière en matière de diversité.
S'ensuit le canton de Zurich en troisième position, qui marque des points en tant que «généraliste» avec des valeurs très fortes dans presque tous les domaines. Christoph Hauser, économiste à la HSLU et auteur de l’étude, déclare:
Trois cantons romands dans le peloton de tête
Genève (à la 4ᵉ place) et Vaud (6ᵉ place) se distinguent par un environnement favorable à l’innovation et une forte dynamique de start-ups. Neuchâtel (5ᵉ place) confirme sa force historique en tant que berceau de l'industrie horlogère et fait partie des meilleurs cantons suisses en matière de brevets, marques et designs.
Le Jura (10ᵉ place) a gagné trois places au classement général, tout comme le Valais, et bénéficie également d'une forte densité de brevets. Christoph Hauser explique:
La plus forte baisse dans le classement est enregistrée par Nidwald, qui perd cinq places et sort ainsi du top 10.
Berne (20ᵉ place) atteint un niveau comparable à celui des cantons en tête dans les domaines de la recherche, du développement et du savoir. En Suisse alémanique, outre Bâle-Ville (2ᵉ place), et Bâle-Campagne (18ᵉ place), l’Argovie (19ᵉ place) et Soleure (24ᵉ place) brillent par des facteurs de soutien favorisant la compétitivité.
Tous ont enregistré une croissance économique par rapport à l’année précédente, à l’exception de Bâle-Ville.
La Suisse centrale forte en technologie
La Suisse centrale se présente comme une région technologique: Nidwald (12ᵉ) se hisse, juste devant Zoug, au premier rang pour les brevets, marques et designs grâce à des fleurons industriels de portée mondiale.
Lucerne (15ᵉ) enregistre des progrès notables dans le domaine de l’environnement grâce à l’amélioration des conditions fiscales (boîte à brevets) et figure parmi les meilleurs cantons en matière de formation et de réussite scolaire.
Obwald (14ᵉ place) convainc par une forte intensité de recherche. Schwytz (9ᵉ place) obtient d’excellents résultats dans le domaine de l’environnement ainsi que pour les entreprises et les start-ups, notamment grâce à des conditions fiscales très attractives.
Avec son taux de création d'entreprises élevé, Uri (26ᵉ place) prouve que la vitalité entrepreneuriale n'est pas une question de taille. Hauser indique:
Zurich clairement en tête parmi les grandes régions
La région de Zurich, la plus grande de Suisse en termes de population, occupe la première place, suivie de la région lémanique, du Tessin et de la Suisse centrale.
La Suisse du Nord-Ouest (qui comprend Bâle-Ville, Bâle-Campagne et l'Argovie) les suit de près, tandis que la Suisse orientale et la région du plateau sont nettement plus loin dans le classement.
Christoph Hauser explique les performances étonnamment élevées du Tessin:
L'ICIC s’inspire du Global Innovation Index (GII) et est constitué de différents indicateurs regroupés en «input» et «output». Les facteurs d’input sont ceux qui favorisent l’innovation et la créativité, tandis que les facteurs d’output mesurent leurs effets.
Les deux dimensions comprennent chacune deux sous-groupes: le savoir et l’environnement (input), ainsi que la création et la croissance (output). Ceux-ci se déclinent à leur tour en deux piliers chacun, soit huit piliers au total (formation et réussite éducative; recherche, développement et savoir; diversité; facteurs de soutien; arts et culture; brevets, marques et designs; entreprises et start-ups; croissance économique).
Chaque pilier prend en compte entre 8 et 20 indicateurs individuels, pondérés équitablement au sein du pilier. Les piliers correspondent à des facteurs d’input et d’output importants pour l’innovation et la créativité, confirmés par la littérature scientifique.
Les sources de données utilisées proviennent notamment de l’Institut fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI), de l’Office fédéral de la statistique (OFS), de l’Administration fédérale des finances (AFF), de l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation Innosuisse et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
