La longévité humaine pourrait se jouer dans le sang
Les protéines mises en lumière par les chercheurs ont un rôle clé. Cinq d'entre elles concernent le stress oxydatif, soupçonné accélérer le vieillissement. Ce stress est causé par des radicaux libres qui ont eux-mêmes pour origine une inflammation chronique et des mitochondries dysfonctionnelles, rappelle l'université de Genève (UNIGE) mardi dans un communiqué.
«Le niveau du stress oxydatif est nettement inférieur» chez les centenaires, relève Flavien Delhaes. Il est chercheur au département de physiologie cellulaire et métabolisme de la faculté de médecine de l'UNIGE, et premier auteur de l'étude. Celle-ci a été publiée dans la revue Aging Cell.
Dans le groupe des protéines «étonnamment» jeunes retrouvées dans le sang des centenaires, il y a celles qui régulent la matrice extracellulaire. D'autres protéines pourraient jouer un rôle dans la défense contre le cancer. Enfin, une autre encore suggère que les centenaires «conservent un bon équilibre glucidique».
La longévité semble ainsi tenir à une santé métabolique finement régulée, dans laquelle le métabolisme est optimisé plutôt qu'intensifié, souligne l'UNIGE. Ces résultats pourraient, «à long terme», ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques afin de la lutter contre la fragilité de la population âgée.
Les chercheurs soulignent toutefois que les secrets d'une longue vie ne reposent pas uniquement sur la génétique. Ce facteur est ainsi moins important qu'un mode de vie sain. La nutrition, l'activité physique, les contacts sociaux constituent des leviers puissants. Eviter le surpoids aide également à préserver le métabolisme.
Ces travaux des universités de Genève et Lausanne ont été menés dans le cadre de l'étude «Swiss100». Ce projet de recherche a pour objet les centenaires à travers quatre axes: sociologie, psychologie, médecine et biologie. En Suisse, les centenaires représentent 0,02% de la population. (ats)
