Pourquoi la venue de ce conseiller de Trump en Suisse est inquiétante
Il est sans doute aujourd’hui l’anti-héros le plus redouté de Washington. A 40 ans, Stephen Miller fait partie du cercle très restreint des conseillers qui ont accompagné Donald Trump durant ses deux mandats. Il est considéré comme un stratège de l'ombre par ses adversaires. Depuis des années, il verrait le président presque quotidiennement et façonnerait de manière décisive son idéologie.
Officiellement, Stephen Miller occupe, durant ce second mandat de Trump, le poste de chef de cabinet adjoint. En coulisses, il s’impose surtout comme l’un des penseurs stratégiques les plus influents de la Maison-Blanche.
Selon une liste interne, le conseiller de l'ombre sera aux côtés du président américain au Forum de Davos. De quoi inquiéter les chefs d’Etat et de gouvernement attendus sur place.
Une ligne politique intransigeante
Stephen Miller s’est d’abord fait connaître comme l’homme de Trump pour les questions migratoires. Il est l’architecte de sa ligne dure et sans compromis, qui avait déjà donné le ton à la politique d’immigration américaine lors de son premier mandat. Ses détracteurs le décrivent comme la force motrice d’une vision politique axée sur le repli et la défense exclusive des intérêts nationaux.
Doté de pouvoirs nettement renforcés, Stephen Miller a, depuis le début de l’an dernier, tenté de transformer cette vision en un programme gouvernemental global. Celui-ci dépasse largement la question des frontières et influence de plus en plus la politique étrangère des Etats-Unis. Plusieurs médias américains ont ainsi révélé son rôle central dans la récente intervention américaine au Venezuela.
Son influence apparaît tout aussi clairement dans l’offensive américaine autour du Groenland. Dans une interview accordée à CNN, Stephen Miller a affirmé que les revendications des Etats-Unis sur ce territoire étaient légitimes. Une position qui, selon le New York Times, a fortement façonné la ligne dure adoptée par Donald Trump à l’égard du Danemark.
Peu de place pour la diplomatie
Le nouveau tropisme de Stephen Miller pour la politique étrangère américaine est particulièrement préoccupant pour les petits Etats. La semaine dernière, il déclarait au journaliste Jake Tapper:
Pour lui, les normes internationales ne sont souvent que de simples «gentillesses», alors que la réalité est gouvernée par la loi du plus fort.
Un risque pour les petites nations
La venue d'un tel conseiller aux côtés de Donald Trump serait une mauvaise nouvelles pour les autres pays et la défense de leurs intérets. Stephen Miller incarne une politique étrangère fondée non pas sur le compromis, mais sur l’affirmation brutale de la puissance, ne respectant l’ordre international que lorsqu’il sert les objectifs américains.
Pour les Européens, partenaires historiques de Washington, cela marque une évolution défavorable de la politique étrangère de la Maison-Blanche. Le secrétaire d’Etat Marco Rubio, considéré comme un acteur pragmatique, se retrouve de plus en plus entouré de conseillers prônant une ligne idéologique dure.
L’influence croissante de figures comme Stephen Miller laisse entrevoir un glissement vers une diplomatie où la fermeté idéologique prime sur la recherche de compromis. Dans un tel rapport de forces, les petits états se retrouvent presque inévitablement en position de faiblesse.
Traduit de l'allemand par Joel Espi
