«Il est erroné de se soumettre à Trump»: la gauche suisse fulmine
«Stratégie de soumission», «politique de chantage», «les Suisses ne veulent pas manger de poulets au chlore»: le PS et les Verts ne voient aucun avantage à un accord commercial avec les Etats-Unis.
Après que la Cour suprême, plus haute instance judiciaire américaine, a déclaré illégales les taxes punitives de Donald Trump vendredi, le camp de gauche a réaffirmé sa position, comme l'a déclaré Cédric Wermuth, co-président du PS, sur la plateforme Bluesky:
Toute autre décision qu’une rupture des négociations serait un nouvel autogoal pour la Suisse, a ajouté la genevoise Lisa Mazzone, présidente des Verts.
Pendant ce temps, l’administration Trump ne laisse planer aucun doute: elle cherche de nouvelles voies pour imposer ces taxes, simplement sur d’autres bases légales. Le ministre des Finances Scott Bessent a déclaré dans une interview télévisée que les Etats-Unis avaient contacté leurs partenaires commerciaux, et que ceux-ci maintenaient leur attachement aux «excellents accords» conclus: «Ils ne seront donc pas modifiés.» Le représentant au commerce Jamieson Greer a également souligné que la politique douanière de Trump se poursuivrait.
De possibles nouvelles opportunités en vue
A Berne, on ne se fait aucune illusion, comme l'a déclaré la secrétaire d’Etat Helene Budliger Artieda, dans une interview au Sonntagsblick:
Suite à la décision de justice et compte tenu de l'incertitude actuelle, les produits suisses seront taxés à 15% à partir de lundi. Cela correspond à la valeur de l’accord que la Suisse avait négocié avec les Etats-Unis en novembre dernier en vue d’un accord douanier.
Helene Budliger Artieda estime que la charge douanière restera probablement dans le même ordre de grandeur. Elle perçoit aussi des opportunités dans cette nouvelle situation. Ainsi, les exceptions jusqu’ici en vigueur, par exemple pour les avions et les produits pharmaceutiques, seraient transférées en annexes du nouveau décret exécutif.
En décembre dernier, le Conseil fédéral a adopté un projet de mandat de négociation avec les Etats-Unis. L’objectif est de finaliser l’accord d’ici ce printemps. Une partie de l’accord porte sur des promesses d’investissement. Des entreprises suisses ont annoncé leur intention d'investir 200 milliards de francs aux Etats-Unis au cours des cinq prochaines années, dont environ la moitié dans le secteur pharmaceutique.
Le Conseil fédéral poursuit son objectif
Le président de la Confédération Guy Parmelin ne commente pas la décision de justice. Cependant, le Département fédéral de l’économie rejette clairement une rupture des négociations, comme le demande la gauche.
Lorsque le Conseil fédéral a adopté le mandat de négociation en janvier, il a examiné en détail une éventuelle décision de la plus haute juridiction américaine. Ni les cantons ni les commissions de politique extérieure n’avaient exigé une rupture en cas de décision correspondante de la Cour suprême.
Depuis le début des négociations, le Conseil fédéral poursuit un objectif principal: conclure un accord juridiquement contraignant offrant la plus grande sécurité possible aux entrepreneurs suisses aux Etats-Unis.
