Un plan d'économies à la Trump se mijote-t-il à Berne?
Le Liberation Day de Donald Trump reste un mauvais souvenir. Le 2 avril 2025, le président américain se tient dans le jardin de la Maison-Blanche et égrène ses nouveaux droits de douane de par le monde. La Suisse est durement touchée.
On était bien loin d’une telle mise en scène, lorsque Jacques Nicolet (UDC) et Simon Stadler (Le Centre) se sont exprimés vendredi au Palais fédéral. En tant que ses président et vice-président, ils présentent les décisions de leur commission des finances concernant le programme d’allègement 2027 (PA27).
Bref retour en arrière. Avec le PA27, le Conseil fédéral, sous l’impulsion de la ministre des finances libérale-radicale Karin Keller-Sutter, entend alléger le budget de la Confédération. Son mot d’ordre:
L’objectif: éliminer les déficits qui s’annoncent pour les finances fédérales. Lorsque le Conseil fédéral a transmis son paquet au Parlement, il prévoyait des mesures d’économies à hauteur de 8,5 milliards de francs pour les années 2027 à 2029.
Tronçonné par les Etats
En novembre dernier, le Conseil des Etats s'est penché sur cet austère paquet. Et ne l’a pas vraiment apprécié: renoncer aux aides à l’élevage, par exemple, était hors de question, pour les élus. La chambre haute n’a pas non plus souhaité abandonner les contributions à la transformation des fruits. Ainsi, après son passage aux Etats, le paquet d’économies ne représentait plus qu’un peu plus de 5,5 milliards de francs.
C'est désormais au tour de la commission des finances de se pencher sur le PA27. Et, surprise: certaines mesures devraient réintégrer le tout — qui dépasse à nouveau les 5,9 milliards de francs. Des économies dans l’élevage et la transformation des fruits ont été réintroduites – même si elles ne représenteraient que la moitié de ce que voulait le Conseil fédéral.
Des droits de douane agricoles?
La principale contribution de la commission ne provient toutefois pas de mesures d’économies, mais de recettes supplémentaires. Concrètement: une hausse des droits de douane agricoles de 175 millions de francs par an. Les agriculteurs bénéficieraient ainsi d’une protection accrue contre la concurrence étrangère, et les caisses fédérales d’un apport bienvenu – que les consommateurs paieront, comme l’a reconnu sans détour le président de la commission, Nicolet.
Comme Donald Trump aime à le répéter:
