Les Suisses bloqués par la guerre risquent de perdre leur salaire
L’escalade militaire entre les États-Unis, l’Iran et Israël ne se limite pas aux frappes et aux fermetures d’espace aérien. Elle a aussi des conséquences directes pour des centaines de voyageurs suisses bloqués dans les aéroports du Moyen-Orient. Et pour certains, le retour différé pourrait mettre en péril leur revenu.
Selon l’association Employés Suisse, près de 1000 personnes sont actuellement coincées dans la région en raison de la suspension du trafic aérien. Le Touring Club Suisse évoque des demandes de rapatriement provenant de 15 pays et plus de 3400 vols annulés. Parmi les destinations touchées figurent Abou Dhabi, Doha et Dubaï.
Mais une autre inquiétude s’ajoute à celle des bombardements: celle de l’emploi.
Le risque de perdre son salaire
D’après le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), lorsqu’un salarié est empêché de travailler sans faute de sa part, mais pour une raison touchant un large cercle de personnes — comme l’annulation d’un vol — le risque est en principe supporté par le travailleur. L’employeur n’est alors pas tenu de verser le salaire pour les jours d’absence, sauf si la cause est directement professionnelle.
Employés Suisse rappelle toutefois que, dans un contexte de guerre, les employés ne peuvent pas être considérés comme responsables de leur absence. Mais le système suisse ne voit pas les choses ainsi. Tanja Riepshoff, avocate au sein de l’association, explique:
Un tel maintien dépend uniquement de dispositions contractuelles ou d’une convention collective. Les personnes concernées sont donc invitées à vérifier leur contrat.
En l’absence de règles claires, l’association Employés Suisse appelle les entreprises à faire preuve de souplesse. Elle recommande notamment d’autoriser le télétravail lorsque cela est possible, d’accorder un congé exceptionnel ou de permettre de rattraper les heures manquées au retour.
Pour les salariés bloqués, l’incertitude ne porte donc pas seulement sur la date de leur vol retour, mais aussi sur leur situation financière. Dans un contexte déjà marqué par l’angoisse et l’attente, la crainte d’une perte de revenu vient alourdir la facture. (jah)
