Victime d'une arnaque aux sentiments, ce senior romand a perdu gros
Un nonagénaire a été victime d'une arnaque aux sentiments sur Internet, selon un arrêt publié vendredi par le Tribunal fédéral. Le Valaisan a versé près de 20 000 francs à deux personnes, qui se faisaient passer pour des femmes lui faisant miroiter leur coeur ou un héritage, c'est selon.
Le fringant nonagénaire a ainsi délié les cordons de sa bourse quand il a appris que la femme avec qui il conversait sur Internet et dont il était tombé amoureux était emprisonnée en France et ne serait libérée que contre le versement de 9500 euros.
Il a également versé de 11 000 francs à une femme qui prétendait qu'il pourrait toucher un héritage s'il s'acquittait du montant requis. Sa banque, qui avait constaté plusieurs retraits de montants conséquents sur son compte, avait tiré la sonnette d'alarme en 2023, contactant l'Autorité de protection de l'enfant et l'adulte (APEA) de Martigny et St-Maurice.
Il a été mis sous curatelle
Une expertise avait démontré qu'il était diminué cognitivement au vu de son âge, et qu'il avait perdu une partie de sa capacité de discernement. Ainsi, malgré toutes les explications, l'homme croyait toujours qu'une femme l'attendait dans une prison en France. Il prétendait même lui avoir rendu visite à deux reprises.
Suite à cette expertise, le nonagénaire avait été mis sous curatelle de représentation et de gestions des biens en février 2024, à savoir qu'il ne pouvait plus s'occuper de ses affaires financières et administratives tout seul. Il ne pouvait ainsi plus retirer de l'argent sans obtenir l'accord de son curateur.
Ce qui n'avait pas empêché le Valaisan de 91 ans d'essayer d'obtenir par d'autres moyens l'argent nécessaire, selon lui, à son amie française emprisonnée. Il avait ainsi demandé 5600 francs à sa fille, et prétendu à son curateur qu'il avait besoin de 5600 francs pour s'acquitter d'une facture de coupe de bois.
Une arnaque menée depuis la Côte d'Ivoire
Le pot aux roses avait été découvert quand sa fille avait contacté le curateur. Sa femme n'a guère goûté l'affaire. En effet, par décision de justice, le nonagénaire a été expulsé du domicile conjugal.
Informé par le curateur, le Ministère public a de son côté ouvert une procédure pénale. Il a été conclu en 2024 que l'arnaque était menée depuis la Côte d'Ivoire et que le nonagénaire avait déboursé au total près de 20 000 francs.
Le dommage aurait pu s'avérer plus grand: la femme qui lui promettait de débloquer un héritage lui avait réclamé 50 000 francs. Le procureur a toutefois classé le cas, considérant qu'il n'y avait pas eu comportement astucieux.
Le nonagénaire n'en était pas resté là et a tenté de se libérer de sa curatelle. Il a ainsi contesté la décision de l'APEA jusqu'au Tribunal fédéral. Les juges de Mon repos ont rejeté son recours dans un arrêt publié vendredi. (jzs/ats)
