Cette place vide à la SSR met l'UDC Albert Rösti sous pression
Ursula Gut-Winterberger a quitté le conseil d’administration de la SSR à la fin 2025. L’ancienne conseillère d’Etat PLR zurichoise avait alors fait savoir qu’elle n’était pas satisfaite du processus de recrutement du nouveau directeur de la SRF.
Elle avait à l'époque évoqué une «configuration malheureuse». Elle faisait référence à l’existence d’un lien entre le chasseur de têtes mandaté par la SSR et l’une des candidates au poste de direction.
Ursula Gut-Winterberger était l’une des deux personnes nommées par le Conseil fédéral au conseil d’administration de la SSR. L’autre est Hans-Ulrich Vogt, ancien conseiller national de l’Union démocratique du centre (UDC).
La gauche veut un représentant à la SSR
Le département du ministre des médias Albert Rösti (UDC) avait semblé surpris par cette démission. Il avait alors indiqué que la personne appelée à lui succéder serait désignée au printemps.
Mais le printemps est passé et l’été touche déjà bientôt à sa fin. Le siège au conseil d’administration de la SSR est vacant depuis six mois et demi.
La situation passe mal au Parlement. Le conseiller national du Centre Martin Candinas siège au sein de la commission compétente pour les questions liées aux médias. Considéré comme un défenseur de la SSR, il juge que le temps presse:
L’agacement est encore plus marqué à gauche. Certains parlementaires soupçonnent des motivations politiques derrière la lenteur d’Albert Rösti.
La conseillère nationale socialiste Min Li Marti s'agace:
La SSR doit précisément prendre des décisions importantes en ce moment: le conseil d’administration doit assurer le pilotage stratégique tant des mesures d’économies que des négociations concernant une nouvelle concession. «Dans une telle phase, cet organe devrait être au complet.»
Le conseiller national vert Michael Töngi partage cet avis. «Il est tout sauf idéal qu’un siège au conseil d’administration de la SSR reste vacant aussi longtemps», estime-t-il. Face aux dossiers importants qui occupent actuellement la SSR, un conseil d’administration solide serait essentiel. Michael Töngi ajoute que l’organe présente actuellement «un sérieux biais politique».
Cette déclaration reflète le souhait de nombreux parlementaires du centre gauche: Albert Rösti devrait nommer au conseil d’administration de la SSR, en contrepoids à Hans-Ulrich Vogt, un nouveau membre qui ne soit pas issu de la droite.
La bataille autour de la nouvelle concession de la SSR commence
Les conseillers nationaux et conseillers aux Etats du Parti socialiste et des Verts jugent inutile la baisse de la redevance radio-TV de 335 à 300 francs décidée par le Conseil fédéral. Selon eux, même sans réduction de la redevance, les électeurs auraient rejeté au printemps l’initiative de l’UDC visant à la ramener à 200 francs. Ils estiment en outre qu’il ne faut pas imposer de restrictions à l’audiovisuel public dans le cadre de la nouvelle concession. De telles limitations seraient inutiles et affaibliraient le service public dans les médias.
Le ministre des médias, l'UDC Albert Rösti, défend une autre position: selon lui, l’abaissement de la redevance à 300 francs a contribué à faire échouer l’initiative. Et lorsque les médias privés sont en mesure de proposer une offre, la SSR, financée par la redevance, devrait se mettre en retrait. Ses ressources devraient être davantage consacrées aux domaines dans lesquels le marché ne garantit pas suffisamment le service public.
Combien de temps le siège au conseil d’administration de la SSR restera-t-il encore vacant? Franziska Ingold, responsable de la communication du département d’Albert Rösti, indique que la succession d’Ursula Gut-Winterberger est en cours. Le Conseil fédéral aurait dû prendre sa décision avant les vacances d’été. Mais les vérifications nécessaires ont retardé la nomination. Une communication à ce sujet devrait désormais intervenir en septembre.
Franziska Ingold souligne que plusieurs critères entrent en ligne de compte dans la composition du conseil d’administration de la SSR: la représentation des régions et des langues, les compétences professionnelles des membres ainsi que leur indépendance. L’appartenance à un parti politique n’en fait en revanche pas partie. (trad. hun)
