Il se passe un truc surprenant avec la neige en Suisse
Contrairement à certaines idées reçues, les chutes de neige les plus abondantes à basse altitude en Suisse ne se produisent pas sur le Plateau, mais au sud des Alpes et en Valais central, soit moins haut. C’est ce que rappelle Le Temps alors que MétéoSuisse avait émis un avis de danger marqué pour le Tessin en raison de fortes chutes de neige attendues.
Même lorsque les quantités annoncées semblent modestes, entre 5 et 10 centimètres dès 600 mètres, avec une limite pluie-neige pouvant descendre jusqu’à 300 mètres, ces épisodes illustrent une réalité peu intuitive: les régions méridionales concentrent le plus grand nombre d’événements neigeux extrêmes en plaine, loin devant le Plateau suisse.
Les chiffres de MétéoSuisse sont parlants. Entre 1960 et 2025, Genève n’a connu que deux épisodes dépassant 30 centimètres de neige en vingt-quatre heures, dont la fameuse chute du 16 février 1985.
En abaissant le seuil à 15 centimètres par jour, on recense quatorze événements sur cette période. A titre de comparaison, Locarno en a connu 59, et Sion 56, rapporte Le Temps.
Deux mécanismes météo distincts en Suisse
Cette différence s’explique par deux phénomènes naturels bien identifiés. Au Tessin, les fortes chutes de neige en plaine sont liées à des situations dites «de barrage». L’air humide est bloqué contre les Alpes, ce qui entraîne des précipitations très intenses. Cité par le média genevois, Lionel Fontannaz, de MétéoSuisse, explique:
Lors de tels épisodes, la limite pluie-neige peut ainsi s’abaisser jusqu’en plaine.
En Valais central, le mécanisme est différent. En hiver, un réservoir d’air froid se forme dans la vallée du Rhône. Lorsque des perturbations arrivent par l’ouest, l’air doux peine à s’y infiltrer. Les précipitations tombent alors sous forme de neige à basse altitude, avant que le redoux ne parvienne à s’imposer. Là aussi, l’intensité des précipitations peut accentuer le refroidissement et prolonger ces conditions.
Si l’on considère non plus les cumuls extrêmes, mais le nombre total de jours de neige fraîche en plaine, la situation s’inverse. L’est de la Suisse, au climat plus continental, enregistre davantage de journées neigeuses. A Zurich, on en compte en moyenne 17 par an, contre moins de 10 à l’ouest du Plateau et au sud des Alpes.
Une tendance reste toutefois commune à toutes les régions: la neige se fait de plus en plus rare. «Il y a de moins en moins de jours de neige depuis 1960, à cause du réchauffement climatique», souligne Lionel Fontannaz. Et cette baisse devrait se poursuivre, même si des chutes abondantes peuvent encore survenir ponctuellement en plaine. (hun)
