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Voici comment les orages se forment vraiment en Suisse

Voici comment les orages se forment vraiment

Les orages menacent cette semaine et devraient frapper la Romandie ce mardi. L'occasion de voir comment ils naissent vraiment.
01.06.2026, 11:0501.06.2026, 11:05

Tout commence par une chaleur étouffante, puis vient la déflagration. Quand le thermomètre dépasse 30 degrés, le prochain orage n'est jamais loin. Cette succession d'événements est le résultat d'une gigantesque réaction en chaîne qui trouve son explication à 12 kilomètres d'altitude.

Après plusieurs jours avec des valeurs dépassant les 30 degrés encore ce weekend, MétéoSuisse a alerté dimanche sur un danger d'orage modéré à marqué sur quasi tout le Plateau et la chaîne jurassienne.

Pour passer d'un soleil éclatant à un déchaînement du ciel, la nature a besoin de trois ingrédients:

  • de la chaleur,
  • de l'humidité
  • une atmosphère instable.

Le soleil brûle pendant des heures. Les surfaces sombres, comme l'asphalte, les champs et les toits se réchauffent. Elles transmettent ensuite leur chaleur à la couche d'air au-dessus d'elles.

L'air chaud se dilate. Il est moins dense que l'air froid et ainsi plus léger. Comme une montgolfière invisible, la masse d'air s'élève rapidement. Ce courant ascendant prononcé se nomme convection. Comme, en été, l'air est souvent humide en raison de l'évaporation de l'eau des lacs et de l'eau contenue dans les plantes, cette humidité grimpe avec l'air chaud.

Plus l'air monte, plus l'environnement qu'il rencontre est froid. A une certaine altitude, l'air perd en température et n'arrive plus à stocker l'humidité, car l'air froid peut absorber moins d'humidité que l'air chaud.

La vapeur d'eau se condense et se transforme en gouttelettes d'eau. Un nuage se forme. Comme le sol chaud continue d'alimenter l'atmosphère en air chaud, le nuage devient de plus en plus grand. Il finit par se transformer en cumulonimbus, un nuage signe annonciateur d'orage.

Collisions dans les nuages

Les cumulonimbus peuvent atteindre une hauteur de 12 kilomètres. A cette altitude, la température peut descendre jusqu'à moins 50 degrés.

Au plus haut du nuage, les gouttelettes d'eau gèlent et se transforment en cristaux de glace et en grains de grésil. Ces éléments sont brassés dans tous les sens par les forts courants qui traversent le nuage et se percutent entre eux. Des transferts d'électrons se produisent lors de ces collisions.

Les cristaux de glace, qui perdent des électrons lors des collisions, se chargent positivement. Plus légers, ils montent avec les courants ascendants. Plus lourds, les grains de grésil, qui arrachent des électrons aux cristaux, tombent. Le bas du nuage se charge négativement.

Un puissant champ électrique se forme alors au sein du nuage. Quand la différence de potentiel devient trop importante, le courant électrique se fraie un chemin. Il passe alors brusquement entre les deux bornes du nuage. Un éclair se produit.

En l'espace d'une seconde, l'éclair est capable d'échauffer l'air jusqu'à 30 000 degrés. A cause de cette chaleur, l'air se dilate de façon explosive et se contracte ensuite immédiatement en se refroidissant. L'onde sonore qui en résulte est le tonnerre. Et voici comment se forme un orage. (sda/ats)

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