Une nouvelle vague de précipitations, parfois violentes, s'est abattue sur une partie de la Suisse ce lundi soir. A Langnau, dans l'Emmental bernois, il a plu 54,2 millimètres en 24 heures, a fait savoir MétéoSuisse ce mardi. Le canton du Jura, à sa frontière avec la France, a été frappé par la grêle, tout comme plusieurs régions du canton de Berne.
Ces orages ne sont que le dernier épisode d'une longue liste. Depuis le début de l'été, les intempéries se succèdent sans répit sur notre pays, avec des issues parfois tragiques. Ce qui est sur, c'est que les journées de soleil ont été très rares jusqu'à présent. Météorologue à Meteonews, Nicolas Borgognon le confirme:
«En date du 15 juillet, les précipitations tombées depuis le 1er juin étaient entre 20 et 40% au-dessus des normales, excepté certaines régions du Plateau proche de Neuchâtel et Fribourg, où les écarts pluvieux sont plus faibles», poursuit-il. Même scénario pour l'ensoleillement, «déficitaire d'un quart, voire localement d'un tiers», alors que les températures sont dans les normes de saison.
Plus encore que dans les quantités d'eau tombées, le caractère inhabituel de cette météo estivale se situe ailleurs: «Ce qui a été exceptionnel, c’est la récurrence de ces précipitations», souligne Nicolas Borgognon.
Une situation qui contraste fortement avec les deux derniers étés, et qui rappelle celui de 2021, très humide. «Depuis une dizaine d’années, la belle saison est caractérisée par de grosses vagues de chaleur et des épisodes de sécheresse durables», détaille le météorologue. Et d'ajouter: «Jusqu’à présent, l’été 2024 fait plutôt penser à la norme des années 1990 et du début des années 2000».
L'été actuel partage néanmoins un élément avec ceux qui l'ont précédé: «De manière générale, les phénomènes météorologiques ont tendance à plus durer», selon Nicolas Borgognon. «Que ce soit en cas de chaleur ou, comme cette année, de précipitations».
Concernant cet été, la durée et la fréquence des précipitations sont dues à «une situation météorologique particulière», affirme Nicolas Borgognon. «Le courant-jet d’altitude se trouve beaucoup plus au sud que de coutume, et aucun anticyclone ne s’est encore installé sous nos latitudes».
Pourtant, si l'été se fait désirer en Europe occidentale, il est déjà bien présent ailleurs, souligne MétéoSuisse dans son blog. Notamment en Europe de l'Est. La Roumanie, par exemple, subit actuellement sa troisième canicule depuis le début du mois de juin; les températures maximales ont dépassé les 40°C durant plusieurs jours de suite.
«La chaleur est bloquée depuis des semaines au-dessus de l’Europe de l’Est, qui enchaîne les canicules», résume Nicolas Borgognon. «Pourtant, on ne peut pas vraiment expliquer pourquoi tout cela arrive», complète-t-il.
Et la suite? «On va vers le mieux», assure le météorologue. «Une belle semaine nous attend. Ces prochains jours, le soleil va l’emporter. Pour la première fois cet été, on aura cinq jours de suite sans pluie».
Concrètement, les températures devraient atteindre 30°C à partir de jeudi. «Il s’agit de valeurs classiques pour un été», commente Nicolas Borgognon. «Il va faire chaud, mais ce n’est pas une grosse vague de chaleur».
La situation devrait se dégrader temporairement dimanche. Mais il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter, car il n’y a pas de gros orages en vue, déclare le météorologue. Lequel conclut: