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Des aurores boréales pourraient être vues le 1er août en Suisse

Polarlichter bei Wädenswil
Les aurores boréales en mai au-dessus du lac de Zurich. Image: zvg/Christina Kunz

Pourquoi les feux du 1er août risquent de se faire éclipser cette année

Des aurores boréales avaient enchanté le ciel suisse au mois de mai dernier. Ce phénomène naturel pourrait se reproduire en même temps que la fête nationale. On analyse pour vous les probabilités d'une telle coïncidence.
30.07.2024, 16:4631.07.2024, 09:46
Lara Knuchel
Lara Knuchel

Mi-mai, des aurores boréales avaient coloré le ciel helvétique. La cause? Une tempête solaire massive qui avait frappé notre atmosphère. Aujourd'hui, une nouvelle tempête solaire chemine vers notre planète. Et cette fois encore, on pourrait observer des aurores boréales sous nos latitudes. Le phénomène durera du 30 juillet au 1ᵉʳ août.

Mais pour que les couleurs scintillent au-dessus de nos têtes, certaines conditions doivent être remplies. Le Space Weather Prediction Center de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) aux Etats-Unis part du principe que la tempête solaire atteindra la catégorie G3 («forte»). Cela pourrait provoquer de légères perturbations dans le réseau électrique, pour les satellites et le GPS. C'est aussi cette intensité qui fait que les aurores boréales pourraient aussi être visibles bien au-delà du pôle Nord.

Quelle est l'intensité de la tempête solaire actuelle?

Polarlichter über Dietlikon.
Les aurores boréales du 11 mai au-dessus de Dietlikon (ZH).Image: zvg

Commençons par la mauvaise nouvelle: la tempête solaire des prochains jours n'égalera pas celle du 11 mai, l'une des plus puissantes jamais mesurées. La NOAA s'attend à une tempête de catégorie G3, alors que celle du mois de mai avait été classée en G5 - le plus haut des cinq niveaux d'effets géomagnétiques.

«Ce que nous avons vu [le 11 mai] était très particulier. Nous avons eu plusieurs éruptions de plasma provenant du Soleil, qui se sont par ailleurs rattrapées les unes les autres lorsqu'elles ont atteint la Terre».
Krista Hammond, météorologue de l'espace au Met Office britannique

La tempête solaire du printemps a été encore un peu plus intense que ce que l'on pensait de prime abord. Selon le magazine Scinexx, on a pu en mesurer les répercussions jusqu'en dessous du niveau de la mer. Des chercheurs canadiens ont déclaré qu'en eau de surface, la «super tempête» a fait s'écarter les boussoles de jusqu'à 30 degrés de la direction correcte. A 2700 mètres sous l'eau, les données de la boussole ont montré des anomalies significatives du champ magnétique. On n’avait encore jamais relevé directement les effets de tempêtes solaires à une telle profondeur.

Johannisburg respektive die Kirche St. Johann in Altendorf SZ
L'église St. Johann à Altendorf (SZ) sur fond d'aurores boréales.Image: Mario Rüttimann/zvg

La tempête solaire du deuxième week-end de mai n'a toutefois pas entraîné de pannes de courant à grande échelle, comme cela avait été le cas lors du dernier événement comparable en 2003. Néanmoins, les chercheurs s'efforcent toujours de comprendre l'ampleur de ce qu'il s'est passé. La Nasa recueille ainsi des informations auprès de la population pour tenter d'en savoir plus. Le projet Aurorasaurus collecte et cartographie par exemple les tweets et les rapports sur les aurores boréales. Après vérification, ces données deviennent alors des éléments à disposition des scientifiques, qui les intégreront éventuellement dans des modèles météorologiques spatiaux.

«Nous allons continuer à étudier cet événement pendant des années»
Une collaboratrice de la Nasa

Verrons-nous à nouveau des aurores boréales?

Il n'y a actuellement aucune certitude à ce sujet. Des particules sont en route vers la Terre et toucheront notre atmosphère entre le 30 juillet et le 1er août. Mais cette tempête solaire doit atteindre la catégorie G3 pour que les aurores boréales se rapprochent ne serait-ce que de la Suisse. Impossible de déterminer cela à ce stade. Les experts estiment toutefois que les aurores boréales seront visibles jusqu'à 50 degrés de latitude.

De plus, la météo devrait également jouer un rôle: les spécialistes annoncent des jours très nuageux, ce qui rendra encore plus difficile l'observation des aurores boréales.

Mais les fans d'aurores boréales peuvent tout de même se réjouir: les chances globales d'admirer à nouveau le phénomène restent actuellement très bonnes. Cela est dû au cycle d'activité (également appelé cycle des taches solaires ou cycle solaire), qui atteindra son maximum en 2025.

Qu'est-ce que le cycle solaire?

Ce terme désigne une période d'activité constante sur environ onze ans. On la mesure par différents moyens, dont la présence - très frappante - de taches solaires. Il s'agit de zones sombres sur notre étoile fixe, où il fait nettement moins chaud qu'ailleurs, mais où le champ magnétique est particulièrement fort et où les éruptions sont favorisées. Ces taches peuvent avoir une durée de vie de quelques semaines à quelques mois.

Active regions on the sun combined to look something like a jack-o-lantern’s face on Oct. 8, 2014. The active regions appear brighter because those are areas that emit more light and energy — markers  ...
Une image de la Nasa de 2014 montrant les zones les plus actives du Soleil.Image: NASA

Au cours de ce cycle, qui peut parfois durer plus ou moins de onze ans, l'activité solaire atteint alternativement un minimum (environ 0 à 20 taches solaires par mois) et un maximum (jusqu'à 300).

Quand le maximum est-il atteint?

La dernière fois, c'était en 2014. Actuellement, nous sommes dans le 25e cycle de taches solaires (qui ont reçu une numérotation continue à partir de leur découverte au milieu du 18e siècle). On s'attend désormais à ce que le paroxysme du cycle actuel se produise vers l'été 2025. En d'autres termes, tout cela ne fait que commencer!

Toutefois, pour que des aurores boréales soient visibles sous nos latitudes, comme nous venons de le voir, plusieurs facteurs doivent être réunis: la direction des éruptions (elles doivent toucher la Terre), leur activité géomagnétique, le temps qu'il fait chez nous ainsi qu'une tempête solaire qui, dans l'idéal, arriverait pendant la nuit. Une activité d'une telle intensité, comme celle qui s'est produite début mai, se produit environ une à quatre fois par maximum solaire.

Que sont les tempêtes solaires?

Outre la lumière et les rayonnements thermiques, le Soleil rejette constamment de grandes quantités de matière. Ces particules s'échauffent et finissent par se libérer de la gravité et sont projetées dans l'espace à des vitesses de 400 à 800 kilomètres par seconde. Les scientifiques parlent de vent solaire. Celui-ci se compose principalement de protons et d'électrons, c'est-à-dire de particules chargées électriquement.

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Une éruption en haut à gauche du Soleil, enregistrée le 10 janvier 2023.Image: NASA/SDO

Mais alors à quel moment le vent se transforme-t-il en tempête? Le vent solaire «normal», respectivement sa matière, est en fait constamment bloqué par le champ magnétique de notre planète lorsqu'il atteint la Terre. Mais si des éruptions particulièrement fortes se produisent - également appelées «éjections de masse coronale» (CME) - et qu'elles entraînent une accumulation importante de particules chargées, elles parviennent à surmonter le champ magnétique. Dans ce cas, les particules arrivent dans les couches supérieures de l'atmosphère terrestre - et des aurores boréales peuvent se former dans le ciel.

Quand y a-t-il des aurores boréales?

Lorsqu'une tempête solaire touche la Terre (après environ un à trois jours de voyage dans l'espace), sa matière entre en contact avec des atomes d'oxygène et d'azote dans les couches supérieures de l'atmosphère. Cette réaction déclenche, schématiquement, une décharge électrique qui provoque, entre autres, une lueur au pôle Nord et au pôle Sud. Cela s'explique par le fait que les particules qui ont pénétré dans l'atmosphère se déplacent dans la plupart des cas vers les pôles.

Magnetfeld Erde, Sonnenwind
Le champ magnétique de la Terre pendant qu'une tempête solaire pénètre dans l'atmosphère. Image: Shutterstock

Lorsque le soleil est particulièrement actif et que de fortes tempêtes ont lieu, les aurores boréales ne se limitent pas aux pôles et peuvent être observées beaucoup plus près de l'équateur - c'est ce qu'il s'est passé au printemps dernier.

(Traduit de l'allemand par Valentine Zenker)

Les images spectaculaires du télescope James Webb

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Les images spectaculaires du télescope James Webb
La nébuleuse de la Lyre prise en photo par le télescope James Webb.
source: esa/webb
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