Le policier de l'«affaire des parcmètres» risque la prison ferme
Le ministère public du canton de Bâle-Campagne a requis mercredi devant le tribunal pénal une peine privative de liberté de deux ans et trois mois contre un ancien policier accusé d’avoir détourné de l’argent d’un parcmètre pendant plus de dix ans.
Sur les 27 mois requis, seuls 6 devraient être exécutés de manière ferme. Le reste de la peine serait assortie d’un sursis avec un délai d’épreuve de deux ans, a indiqué le procureur au tribunal pénal de Muttenz. Il estime que l’infraction de détournement qualifié répété est constituée.
Le ministère public part du principe que ce policier municipal, aujourd'hui âgé de 67 ans et à la retraite, a détourné sur dix ans plus de 400 000 francs provenant du parcmètre central, avant de les perdre au casino. L’avocat de la Ville de Laufen, partie plaignante au procès, a évoqué un montant pouvant atteindre 540 000 francs.
Selon le procureur, l’accusé a abusé pendant de nombreuses années de la confiance de son employeur. Il aurait en outre agi de manière systématique et méthodique afin de s’enrichir, a-t-il déclaré dans son réquisitoire.
La défense plaide le classement de la procédure
L’avocat de l’ex-policier a mis en doute la méthode de calcul du ministère public et de la Ville de Laufen concernant le montant du préjudice. Si les faits ne sont certes pas contestés et son client est déjà passé aux aveux en 2023, il conteste toutefois l’ampleur des sommes avancées.
La défense a notamment fait valoir que les calculs du ministère public ne prenaient pas en compte les fenêtres gratuites de trois heures alors en vigueur pour ce parcmètre. Les estimations reposeraient sur des chiffres de référence inadéquats, a poursuivi l’avocat. En cas de doute, il conviendrait donc de se fonder sur les déclarations de son client, qui évoque un montant total d’environ 82 000 francs. Selon lui, il s’agit de «délits patrimoniaux mineurs» qui devraient être qualifiés de contraventions et seraient dès lors déjà prescrits. Il a plaidé en faveur d’un classement de la procédure.
L’accusé présente ses excuses
L’ancien policier a déclaré regretter d’avoir fait «une connerie» et s’en est excusé après les plaidoiries. Il conteste toutefois l’ampleur financière des faits qui lui sont reprochés.
D’après le ministère public, il aurait commencé à prélever des pièces dans le parcmètre dès 2003. En raison de la prescription, seule la période de 2011 à 2021, année de son départ à la retraite, est toutefois retenue. Le tribunal pénal rendra son verdict en fin d’après-midi mercredi. (dab/sda/hun)
