Une baignade dans le Léman va coûter cher à ces Genevois
Les faits remontent au 24 juin, à 7h15, lorsque MétéoSuisse avait reclassé Genève en alerte canicule de niveau 4. Ce mardi, donc, le mari de la propriétaire de Gigi, un labradoodle de quatre ans, l'avait laissée entrer quelques minutes dans l'eau. «Il n'a pas gambadé sur la plage, il n'y avait personne», affirme sa maîtresse à la Tribune de Genève.
Mais deux policiers municipaux sont toutefois intervenus. Le couple a reçu une amende de 400 francs pour «violation de l'interdiction d'accès dans les lieux proscrits aux chiens» et «chien non tenu en laisse», auxquels s'ajoutent 100 francs d'émoluments.
A Genève, en l'absence de règles particulières, les chiens n'ont pas accès aux plages et bains publics. Aucun endroit n'est autorisé autour de la rade et, autour du Léman côté genevois, seul un accès dans la commune bourgeoise de Genthod leur est ouvert.
La propriétaire de Gigi a fait opposition de l'amende. «Les chiens aussi ont besoin de se rafraîchir quand les températures sont élevées», dénonce-t-elle.
A Genève, les amendes pour les chiens explosent
Le président du Mouvement de défense des propriétaires de chiens de Genève, Manuel Alonso Unica, juge auprès du quotidien genevois le cadre tellement restrictif qu'il parle de «maltraitance animale». Il souligne également que les chiens n'ont pas le droit de marcher sur certaines pelouses, alors que le bitume peut brûler leurs coussinets en période de fortes chaleurs.
Au-delà du cas particulier, les chiffres montrent que les sanctions pour chiens présents dans des lieux interdits progressent dans le canton: 19 ont été recensées en 2022, contre 33 en 2023, 61 en 2024 et 104 en 2025, énumère le journal.
La Ville de Genève prévient qu'il n'existe aucune consigne de tolérance, quelle que soit la température, l'heure ou la fréquentation du lieu. Une pétition déposée en mars réclame justement un accès au lac pour les chiens au quai Wilson. Toujours examinée en commission, elle demande un espace «sécurisé, clairement balisé et encadré» afin de permettre une meilleure cohabitation entre les différents usagers.
De son côté, Manuel Alonso Unica reconnaît que certains propriétaires portent une part de responsabilité lorsqu’ils n’éduquent pas suffisamment leur chien ou ne parviennent pas à le maîtriser. (hun)
