«Je te demande pardon»: les mots déchirants de la mère de Maria
Il y a eu cet appel vidéo samedi après-midi. Maria S. racontait à sa mère, restée en Italie, qu’elle s’était fait des amis en Suisse. De bons amis, avec de vraies valeurs. Elle lui avait aussi dit qu’elle se rendrait le soir à une rave à Aarau.
Les médias italiens ont relayé cette dernière conversation entre la mère et sa fille de 22 ans. Dimanche, à 2h30 du matin, alors que la fête était déjà terminée, la police a été informée que des coups de feu avaient été tirés.
La police a interpellé l’auteur présumé un peu plus de 22 heures plus tard. Il a mortellement blessé Maria S. Quatre hommes et une femme âgés de 24 à 31 ans ont été touchés également. La police a annoncé une conférence de presse ce mercredi afin de fournir des informations sur le déroulement de cet acte inconcevable.
Soutien du consulat italien
Sa mère est depuis plongée dans un profond deuil, nous explique son avocate Antonella Crudeli. Mardi, elle a sans doute entrepris le voyage le plus difficile de sa vie. Elle s’est rendue en Suisse pour identifier sa fille décédée.
Son autre fille, qui vit en Italie, et son fils, domicilié en France, l’accompagnaient. Le consulat italien à Bâle a apporté un soutien logistique à la famille endeuillée. Il s’agissait notamment d’organiser le rapatriement du corps vers Sant’Angelo, la ville d’origine de Maria S. dans la province de Pescara, et de régler d’autres formalités.
En début d’après-midi, la mère a confirmé à l’hôpital que la victime de la rave d’Aarau était bien sa fille. «Tu étais belle. Froide, mais incroyablement belle, exactement comme je t’ai toujours vue.» C’est ce qu’elle écrit dans une lettre d’adieu adressée à son enfant après l’identification.
Un nouveau départ en Suisse
Nous avons pu consulter cette lettre. Elle commence par ces mots:
La mère décrit les beaux échanges qu’elle avait partagés avec sa fille ces derniers jours. «J’ai encore devant les yeux tes messages, les photos que tu m’as envoyées, le son de ta voix et ton sourire radieux pendant nos appels vidéo.»
Maria S. avait confié à sa mère qu’elle était désormais heureuse et qu’elle avait l’impression de renaître. Elle écrit:
Maria S. avait effectivement pris un nouveau départ dans le canton d’Argovie, où elle vivait depuis peu. Elle avait commencé à travailler dans la restauration et continuait à s’adonner à sa passion pour la musique.
La mère présente ses excuses
Dans ses mots d’adieu, la mère poursuit en expliquant que ce nouveau bonheur avait aussi fait naître en elle un sentiment d’alarme. «Est-il vraiment possible qu’après tant de souffrances, Maria ait enfin trouvé son havre de paix?» La mère affirme avoir eu, d’une certaine manière, un pressentiment.
Les parents de Maria S. s’étaient séparés. Selon les médias italiens, la jeune femme n’avait, de manière générale, pas eu une vie facile. Sa mère dit regretter de ne pas lui avoir montré toute la joie qu’elle ressentait pour elle, car elle s’était montrée réservée.
Et d’ajouter: «Tu avais raison, et aujourd’hui, les larmes aux yeux, je te demande pardon. Une mère devrait simplement se réjouir, danser et faire la fête lorsqu’elle voit sa fille retrouver sa joie de vivre.»
La mère demande à sa fille d’accepter ses excuses. Elle espère que Maria S., où qu’elle soit, puisse ressentir son amour.
La lettre se termine par ces mots:
