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Je suis l'auteur de la tuerie d'Aarau: le point sur l'enquête

epa13206679 Aargau Canton Police Commander Michael Leupold sits in front of a screen showing an illustrative image of weapons of the same design as those used in the crime during a news conference fol ...
Le commandant de la police cantonale argovienne Michael Leupold.Keystone

«Tuerie de type amok»: ce que l'on sait des tirs à Aarau et de leur auteur

Plus de 40 tirs, une fuite vers le Jura puis une reddition spontanée: les autorités ont reconstitué mercredi le déroulement de la tuerie d’Aarau.
02.09.2026, 15:3402.09.2026, 16:37

Plus de 40 coups de fusil d'assaut, une fuite vers le Jura et un suspect qui finit par se présenter lui-même à la police: les autorités argoviennes ont dévoilé mercredi de nouveaux éléments sur la fusillade d'Aarau, qui a fait une morte et six blessés. Une sixième personne blessée s’est annoncée lundi, avec une blessure causée par un projectile ayant ricoché. watson a suivi leur conférence de presse à Schafisheim.

Pour la police cantonale argovienne, il ne fait pratiquement plus de doute que le Suisse de 43 ans arrêté est l'auteur des tirs. Michael Leupold, commandant, parle d'une «probabilité confinant à la certitude». L'analyse de sa voiture, des munitions et des armes saisies va dans le même sens, selon le procureur Christoph Rüedi.

Que s'est-il passé?

Les autorités ont surtout précisé le déroulement des faits. Tôt dimanche matin, l'homme s'est rendu sur le parking de la Schachenstrasse, près de l'aire des gens du voyage. Il a marché en direction du site de la fête et a tiré plus de 40 fois avec un fusil d'assaut.

Arrivé devant le site, il a fait demi-tour. Sur le parking, il a encore tiré avec un pistolet, notamment sur une voiture qui quittait les lieux. Après les tirs, le suspect a «relativement rapidement» pris la direction du Jura, selon le responsable de l'intervention Matthias Schildknecht.

Une indication fournie par un témoin près de l'aire des gens du voyage a mis les enquêteurs sur la piste d'un véhicule immatriculé dans le Jura. Le type de voiture et la plaque correspondaient d'abord à une centaine de possibilités, avant que la police ne parvienne à resserrer ses recherches jusqu'à une seule personne.

Mais juste avant que les policiers ne puissent intervenir, le suspect s'est présenté de lui-même dans un poste de police à Delémont. Il aurait déclaré:

«Je suis l'auteur de la tuerie d'Aarau»

A propos des armes et de leur origine

Les policiers ont retrouvé trois armes dans son véhicule: l'AK-74 et le pistolet utilisés lors des tirs, ainsi qu'un deuxième pistolet. Elles étaient légales et enregistrées au nom du suspect. Elles avaient été acquises légalement il y a une vingtaine d'années. Les autorités indiquent que les conditions permettant aujourd'hui d'obtenir de telles armes sont plus strictes.

Head of the Aargau Stationed Police Division Matthias Schildknecht, Aargau Canton Police Commander, Michael Leupold and Senior Public Prosecutor Lenzburg-Aargau Christoph Ruedi, left to right, attend  ...
De gauche à droite: Matthias Schildknecht, Michael Leupold et Christoph Rüedi lors de la conférence de presse sur la fusillade d’Aarau, mercredi à Schafisheim.Keystone

Le quadragénaire n'entretenait pas non plus les liens étroits avec l'armée évoqués par certains médias. Il avait effectué son service comme cuisinier de troupe avant de quitter l'armée en 2013. Son arme de service avait été restituée.

Les autorités ignorent pourquoi il a décidé de se rendre. La police argovienne est ensuite venue le chercher pour le transférer en Argovie.

La fusillade a également provoqué une réaction politique dans le Jura. Le ministre jurassien Valentin Zuber a évoqué mercredi un «choc» pour les autorités cantonales lors d'une intervention urgente devant le Parlement jurassien. Il a assuré que le ministère public jurassien collabore pleinement avec les autorités argoviennes.

Le mobile reste inconnu

La police qualifie désormais la fusillade d'«Amoktat», que l'on peut traduire en français par une tuerie de type «amok», soit une attaque meurtrière menée contre des personnes sans lien apparent avec son auteur. Les raisons qui ont poussé le quadragénaire à ouvrir le feu restent toutefois inconnues.

Aucun lien particulier entre le suspect et Aarau n'est connu. Selon les premiers éléments de l'enquête, il serait tombé par hasard sur le concert. La perquisition de son domicile n'a par ailleurs révélé aucun indice d'une motivation d'extrême droite, d'extrême gauche ou islamiste.

Les enquêteurs avaient également envisagé les pistes d'un attentat terroriste et d'un règlement de comptes dans le milieu criminel. Elles sont aujourd'hui évacuées.

Et maintenant?

Désormais, l'enquête doit notamment déterminer l'état d'esprit du suspect au moment des faits et s'il était pénalement responsable. La procédure porte sur les infractions d'homicide intentionnel, de meurtre ou tentative de meurtre et de violation de la loi sur les armes. Le suspect a été placé en détention provisoire en Argovie.

Deux des cinq personnes blessées étaient toujours hospitalisées mercredi. Leur état s'est «amélioré compte tenu des circonstances», selon Matthias Schildknecht. Les autorités assurent qu'il n'existe désormais plus de menace en lien avec cette affaire. (jah)

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