«2026 doit servir d’électrochoc»: manifs dans les villes romandes
Les températures ont certes baissé, mais politiquement, l’été caniculaire qui vient de s’écouler reste brûlant d’actualité. Mesures immédiates pour les seniors, nouveaux objectifs climatiques, aide aux alpages frappés par la sécheresse ou aux locataires touchés par la chaleur: durant les premiers jours de la session d’automne, les conseillers nationaux et les conseillers aux Etats de tous les camps politiques ont déposé plus de 40 interventions sur la chaleur, la sécheresse et le climat. D’autres devraient suivre.
Dans deux semaines, à la demande du centre-gauche, le Conseil national tiendra en outre un grand débat sur la chaleur. «Combien de temps le Conseil fédéral va-t-il encore regarder sans agir?», peut-on lire dans le titre d’une intervention du groupe des Verts. Les Vert’libéraux réclament de «préparer la Suisse aux phénomènes météorologiques extrêmes»: «Pas plus tard. Maintenant!» Les partis situés à droite du centre réclament eux aussi une action rapide, principalement en matière d’adaptation au changement climatique.
15 manifestations dans toute la Suisse
La pression vient aussi de la rue. Les premières manifestations sous le slogan «Pas d’étés à 50 degrés» sont attendues dès ce week-end en Romandie. Cinq villes y sont concernées selon le programme:
- Le 19 septembre à Genève et Lausanne.
- Le 20 septembre à Fribourg.
- Le 25 septembre à Bienne.
- Le 2 octobre à Neuchâtel.
La Suisse alémanique n'est pas en reste. Le 25 septembre, des manifestations contre la chaleur auront lieu à Zurich, Berne, Bâle, Zoug, Lucerne, Baden et dans d’autres villes. Au total, 15 manifestations sont annoncées. Derrière cette mobilisation se trouve un collectif de bien plus de 100 organisations et partis.
«2026 doit servir d’électrochoc», affirme Laurène Descamps, l’une des organisatrices:
Ces manifestations doivent permettre de «rassembler la colère, la frustration et, parfois aussi, la tristesse apparues durant l’été» et de les porter dans la rue.
L’objectif des organisateurs est de renouer avec le succès des grèves pour le climat de 2019. Depuis, le mouvement a perdu de sa vigueur. Peut-il la retrouver après l’été qui vient de s’écouler? Laurène Descamps se montre optimiste. La coalition s’est constituée en très peu de temps et va «bien au-delà des milieux climatiques traditionnels», souligne-t-elle. «2027 sera bruyante.»
Les Verts espèrent une mobilisation
L’alliance est effectivement plus large que la Grève du climat d’il y a sept ans. Les jeunes ne sont pas les seuls à en faire partie: les Aînées pour le climat sont également de la partie. Le PS, les Verts et leurs organisations de jeunesse, des organisations environnementales comme Pro Natura et Greenpeace, le syndicat Unia, l’organisation paysanne Uniterre ainsi que quelques scientifiques participent au mouvement.
Leurs revendications sont toutefois elles aussi très diverses. Quelques exemples:
- La Grève du climat s’en prend au capitalisme de manière générale.
- Unia réclame l’arrêt du travail pour les ouvriers du bâtiment en cas de forte chaleur.
- Les agriculteurs demandent des prix équitables à la production.
Politiquemment, un retour du mouvement pour le climat profiterait surtout aux Verts. En 2019, ils avaient été parmi les grands gagnants de la «vague verte»; quatre ans plus tard, ils avaient reflué. Ils espèrent désormais que le climat mobilisera à nouveau davantage lors de l’année électorale 2027. Les manifestations contre la chaleur annoncées constituent un premier test. (trad. jah)
