Suisse
Politique

Pourquoi les paysans suisses sont divisés sur le service civil

L'Union suisse des paysans ne sait pas si elle doit soutenir l'armée ou le service civile
Les paysans soutiennent l'armée mais ont besoin du service civile.

Pourquoi les paysans suisses sont divisés sur le service civil

Alors que la loi sur le service civil pourrait être modifiée, l'Union suisse des paysans refuse de donner une consigne de vote. La raison: au sein de la profession, les avis divergent entre soutenir l'armée et maintenir le service civil, très utile au secteur.
26.03.2026, 16:5526.03.2026, 16:55
Christoph Bernet

En Suisse, l’armée bénéficie en principe d’un solide ancrage au sein du monde paysan. Dans les régions à dominante agricole, elle jouit d’un soutien supérieur à la moyenne. Cela se vérifie souvent sur le plan politique, comme le montrent les résultats des votations liées à l’armée.

Cet ancrage est également visible sur le plan du personnel. Une étude portant sur 241 000 décisions d’aptitude de l’armée et menée en 2016 par une équipe de recherche de l’Université de Zurich, le confirme. Rares sont les groupes professionnels aussi aptes au service militaire que la catégorie «agriculture, sylviculture et pêche». Avec un taux d’aptitude de 70,7%, les agriculteurs ne sont devancés que par les artisans (71,6 %).

Cela se reflète aussi dans les taux d’aptitude: ceux-ci sont plus élevés dans les communes agricoles que dans tout autre type de commune (71,3 %).

Une décision qui surprend

La décision récente du comité de l’Union suisse des paysans surprend d’autant plus. Celui-ci propose à la Chambre d’agriculture, le «parlement» de la branche, de laisser la liberté de vote lors de la votation du 14 juin sur la modification de la loi sur le service civil. Les délégués se prononceront le 22 avril prochain.

Adoptée par la majorité bourgeoise au Conseil national et au Conseil des États, la modification de la loi vise à durcir les conditions d’admission au service civil. Au total, six mesures doivent permettre de réduire le nombre de militaires qui passent au service civil après l’école de recrues. Selon les partisans du projet, ces départs aggravent le problème d’effectifs de l’armée.

Une alliance est composée du Groupe pour une Suisse sans armée (GSoA), du Parti socialiste, des Verts, du Parti évangélique ainsi que d’autres organisations comme l’Armée du Salut, des associations de personnes handicapées et la faîtière des crèches a lancé un référendum contre ce projet.

Tous ces acteurs craignent qu'à l’avenir, les établissements d’affectation ne disposent plus de civilistes pour des tâches indispensables et mettent en garde contre une stratégie visant à supprimer progressivement le service civil.

Les paysans ont besoin des civilistes

Comment l’organisation paysanne, traditionnellement favorable à l’armée, en est-elle arrivée à cette décision? Sandra Helfenstein explique:

«Il existe des arguments qui poussent à accepter ce projet, mais aussi des arguments contre»

Elle précise que, lorsque les opinions divergent, il est d’usage de longue date au sein de l’organisation de laisser la liberté de vote.

Lors des débats parlementaires, les représentants paysans au Conseil national et au Conseil des États s'étaient prononcés en faveur d’un durcissement de la loi sur le service civil. Ceci, au regard de la situation des effectifs de l’armée, indique Sandra Helfenstein. Elle précise:

«Dans le même temps, les exploitations agricoles, en particulier dans les régions de montagne, bénéficient de l’engagement de civilistes qui accomplissent des travaux pour lesquels il n’existe pas d’autre main-d’œuvre ou dont la réalisation ne serait autrement pas finançable»

L’an dernier, les civilistes ont accompli au total 50 746 journées de service dans le secteur agricole, selon la Confédération.

Traduit de l'allemand par Joel Espi

La BNS a choisi ses futurs billets de banque
1 / 8
La BNS a choisi ses futurs billets de banque
source: emphase
partager sur Facebookpartager sur X
Une meute de chiens échappent de l’abattage en sautant d'un camion.
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
«Tariq Ramadan est en soins psychiatriques à Genève»
Alors qu'un jugement le concernant doit tomber ce mercredi dans son procès parisien pour viols, le Genevois Tariq Ramadan est hospitalisé dans la cité de Calvin, indique à watson l'un de ses avocats, Me Ouadie Elhamamouchi, qui parle d'«acharnement» à l'endroit de son client.
«Tariq Ramadan est actuellement hospitalisé en soins psychiatriques dans les Hôpitaux universitaires genevois (HUG).» C’est ce qu’indique à watson l’un de ses avocats, Me Ouadie Elhamamouchi. Alors que le jugement dans son procès à Paris pour le viol de trois femmes en France entre 2009 et 2016 devrait tomber ce mercredi encore, 18 ans de prison ayant été requis mardi, l’islamologue, atteint depuis plus de dix ans d’une sclérose en plaques, aura été absent de l’ensemble des audiences.
L’article