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La FSCI ne se prononce pas sur la peine de mort en Israël

La FSCI ne se prononce pas sur la peine de mort en Israël

Réunie à Bâle, la Fédération suisse des communautés israélites a refusé de débattre d'une résolution critiquant l'extension de la peine de mort en Israël.
31.05.2026, 17:2931.05.2026, 17:29
La salle 339 du Palais fédéral est située dans une des deux petites tours, par-dessus la façade arrière du bâtiment.
La décision reflète des divergences internes sur le rôle politique de la faîtière.Image: Shutterstock

Réunie en assemblée des délégués dimanche à Bâle, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) a décidé de ne pas se prononcer sur l'extension de la peine de mort en Israël. Elle n'est pas entrée en matière sur une résolution déposée par une de ses délégations.

La délégation de la communauté israélite de Zurich (ICZ) voulait une prise de position de la FSCI sur l'extension de la peine de mort en Israël. Il s'agissait de l'un des points forts de l'assemblée, a indiqué la faîtière dans un communiqué.

Une motion d'ordre a toutefois demandé la non-entrée en matière sur la résolution. Le sujet a alors donné lieu à une «discussion engagée et parfois controversée», indique la FSCI. Lors du vote, il a été décidé de ne pas entrer en matière. La discussion a mis en évidence des avis divergents au sein de la Fédération quant au rôle de la FSCI.

Loi controversée

La résolution de l'ICZ indiquait que la loi adoptée le 31 mars par la Knesset (le Parlement israélien) portait atteinte aux valeurs fondamentales d’Israël et à la protection des minorités. La peine de mort appliquée de manière sélective en fonction de l’origine est, selon elle, en contradiction avec la tradition juive, qui place la vie humaine au-dessus de tout.

Dans son communiqué, la FSCI souligne que la décision prise n'a pas porté sur la peine de mort elle-même. Il s'agissait plutôt de déterminer si la FSCI devait s’exprimer sur ce sujet et, plus généralement, sur les développements politiques en Israël.

La loi, adoptée à une faible majorité, vise à étendre le recours à la peine de mort. Le texte prévoit que les meurtres à motivation terroriste visant à détruire l'Etat d'Israël sont passibles de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité.

Devant les tribunaux militaires israéliens dans les territoires palestiniens, la peine de mort est même obligatoire dans de tels cas; elle doit être exécutée par pendaison par un gardien de prison dans les 90 jours suivant la condamnation.

Recours déposé

Les détracteurs considèrent cette loi comme raciste, car elle ne concerne de facto que les Palestiniens. L'initiative du parti du ministre de l'Intérieur d'extrême droite Itamar Ben-Gvir est également soutenue par le premier ministre Benjamin Netanyahu. Un recours de l'association israélienne des droits civiques est en instance devant la plus haute juridiction du pays.

Israël a aboli la peine de mort pour meurtre en 1954 et ne l'a maintenue que dans des cas exceptionnels, par exemple contre les criminels nazis ou en cas de trahison en temps de guerre. La dernière exécution fut celle du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann en 1962.

La Suisse «préoccupée»

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s'était dit «profondément préoccupé» à la suite de la décision de la Knesset fin mars. «Nous avons abordé cette question avec les autorités israéliennes et les appelons à abroger cette loi», pouvait-on lire dans un message publié sur la plateforme X.

De nombreux Etats membres de l'UE ont également critiqué cette loi. (dal/ats)

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