Suisse
Politique

Swissuniversities ne veut pas une «Suisse à 10 millions»

Petra Studer, Koordinatoren Netzwerk FUTURE, links, spricht neben Luciana Vaccaro, Praesidentin swissuniversities, rechts, waehrend einer Medienkonferenz von Swissuniversities zum Entlastungspaket 202 ...
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities (à droite).Keystone

«Environ la moitié des professeurs de nos universités sont étrangers»

Accepter l'initiative UDC contre la surpopulation serait désastreux pour les hautes écoles suisses, avertit la présidente de swissuniversities. Un oui le 14 juin menacerait la position de la Suisse comme pôle académique de premier plan — sans faire de gagnants.
22.03.2026, 09:3522.03.2026, 09:35

La présidente de swissuniversities met en garde contre un affaiblissement de la Suisse en tant que pôle d'enseignement supérieur, si l'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions» d'habitants est acceptée. En cas de oui le 14 juin, «il n'y aura que des perdants».

À partir de 9,5 millions d'habitants en Suisse, le Conseil fédéral doit déjà réduire massivement l'immigration, rappelle Luciana Vaccaro, la présidente de l'organisation faîtière des recteurs des universités et des hautes écoles suisses, dans un entretien diffusé dimanche par le SonntagsBlick. Dès la barre des 10 millions d'habitants, la Suisse il devrait même dénoncer des traités internationaux, ajoute-t-elle. Il s'agit là d'une «mesure radicale qui porterait un préjudice énorme non seulement à l'économie suisse, mais aussi à la science», remarque-t-elle.

Cette conclusion vient d'un avis juridique commandé par swissuniversities, relève Vaccaro, précisant que l'Union européenne pourrait activer la clause guillotine, ce qui remettrait en cause les accords bilatéraux.

«Si nous atteignions la barre des 10 millions et que nous devions résilier des accords liés à la libre circulation des personnes, nous risquons à nouveau d'être exclus d'Horizon Europe, d'Erasmus, de Digital Europe ou d'Euratom, c'est-à-dire des programmes de recherche leaders au niveau mondial. Ce serait catastrophique», poursuit la responsable.

Parmi les meilleures du monde

Elle rappelle que les hautes écoles suisses comptent parmi les meilleures au monde. Et ce résultat est atteint parce qu'elles attirent les meilleurs chercheurs et établissent des partenariats internationaux, ajoute-t-elle.

«Environ la moitié des professeurs de nos universités sont étrangers. Deux tiers des projets de recherche de pointe en Suisse ont une dimension internationale»

Au final, tout le monde profite de la recherche et de la science, pas seulement les universitaires, estime Mme Vaccaro. La moitié des fondateurs de start-up en Suisse n'ont pas de passeport suisse et une grande partie des brevets est codéveloppée par des étrangers, note-t-elle. «Nous profitons énormément de ces talents». (sda/ats)

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