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Blocher est de retour au Parlement et cela ravit l'UDC

Blocher est de retour au Parlement et cela ravit l'UDC
Christoph Blocher a été aperçu à Berne durant la session extraordinaire du Parlement dédiée à Credit Suisse.keystone

Blocher est de retour et il a une nouvelle cible

Christoph Blocher traîne ces temps-ci ses pattes dans les couloirs du Parlement. Avec la session extraordinaire sur Credit Suisse, le patriarche de l'UDC est de retour. Pour le plus grand plaisir de son parti.
12.04.2023, 18:4516.04.2023, 19:18
Kari Kälin / ch media
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Mardi, un étrange fantôme traînait dans les couloirs du Parlement, à Berne. Orné d'un chapeau, Christoph Blocher a pu être vu en train de discuter avec le conseiller national (UDC/ZH) Roger Köppel, également journaliste, pour une de ses émissions.

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Blocher, son chapeau et Roger Köppel, mardi 11 avril.Image: keystone

Il y a cinq ans, le patriarche de l'UDC avait démissionné de son poste de vice-président du parti et de celui de membre du comité directeur. Depuis, l'ancien conseiller fédéral âgé de 82 ans n'intervient que très rarement dans les réunions du groupe parlementaire de son parti. Les affaires politiques courantes, il les suit à distance et les commente occasionnellement dans les médias alémaniques.

Sur les grands sujets, il continue cependant d'exercer une influence directe sur le parti et le groupe parlementaire fédéral. Fin mars 2020, il a par exemple formulé une stratégie Covid propre à sa sensibilité politique et a remis le parti sur les rails de la question de la neutralité en critiquant les sanctions contre la Russie.

Blocher sur tous les fronts

Tous les ingrédients étaient réunis pour le retour du patriarche à Berne: la chute d'une grande banque, l'intervention de l'Etat et de la Banque nationale (BNS) et une liste à rallonge de centaines de milliards de francs — décidée par le Conseil fédéral. En Suisse alémanique, l'actualité a réveillé la figure de proue de l'UDC. Il est de toutes les émissions, toutes les interviews. Même la RTS lui a mis la main dessus.

Le 19.30 de la RTS a pu intercepter Christoph Blocher pour quelques questions, dans les couloirs du Parlement.
Le 19.30 de la RTS a pu intercepter Christoph Blocher pour quelques questions, dans les couloirs du Parlement.rts

Au Parlement, le nombre d'élus UDC qui ont vécu une situation similaire, le sauvetage d'UBS par la Confédération, en 2008, est réduit. Christoph Blocher est donc venu remettre l'Eglise au milieu du village en débarquant en personne à Berne, malgré le fait qu'il n'exerce plus aucun mandat au sein du parti qu'il a fait monter dans les années 1990. Selon la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), les parlementaires seraient contents de le voir débarquer, «car personne n'est à sa cheville sur le plan analytique».

Il était donc présent à la réunion exceptionnelle du groupe parlementaire agrarien après l'annonce du rachat de Credit Suisse (CS) par UBS. Et mardi, premier jour de la session extraordinaire, il s'est présenté à 9h15 pile pour le début de la réunion du groupe.

Les demandes de l'UDC

L'analyse de Blocher sur la débâcle de CS est la suivante: la garantie de 109 milliards de francs de la Confédération pour le rachat de la grande banque doit être liée à des conditions. Son exigence principale? Que le Conseil fédéral déclare de manière contraignante qu'il améliorera les règles liées au «too big to fail» pour des cas similaires et futurs.

Mardi, l'UDC a récidivé avec un communiqué de presse. Le parti va déposer deux interventions: d'une part, le Conseil fédéral doit s'assurer qu'il n'y ait plus jamais de banque trop grande pour faire faillite. Si cela n'est pas possible, les banques doivent être obligées de séparer les secteurs d'activité de la banque qui les mettent en danger de faillite des autres.

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Roger Köppel et Christoph Blocher.Image: keystone

D'autre part, le Conseil fédéral doit veiller à ce que les conseils d'administration des entreprises d'importance systémique prennent des décisions qui servent les intérêts économiques globaux de la Suisse. En outre, la majorité des membres des conseils d'administration doivent avoir le passeport suisse et être domiciliés dans notre pays.

Remonté contre le PLR et le Centre

Dans son communiqué, l'UDC a aussi critiqué le fait qu'en 2014, après le sauvetage d'UBS, le Parti libéral-radical (PLR) et le Centre (alors le Parti démocrate-chrétien) aient empêché la mise en place d'une réglementation efficace sur le «too big to fail», concrètement la séparation des activités de banque d'investissement du reste.

Neuf ans plus tard, Blocher ne fait manifestement toujours pas confiance ni au PLR, ni au Centre. C'est pourquoi il a suggéré mardi matin au groupe parlementaire le lancement d'une initiative populaire si le Parlement devait couler sa proposition. Une initiative dont il prendrait activement part à la création.

Ce n'est pas une première: l'ancien conseiller fédéral avait déjà planché activement, l'année dernière, sur une initiative concernant la neutralité intégrale.

Donnant-donnant avec l'UDC

La présence de l'ancien conseiller fédéral met l'équipe dirigeante de l'UDC sous pression. Le chef du groupe parlementaire Thomas Aeschi n'y semble toutefois pas opposé. Le parti examinera le lancement d'une initiative «too big to fail» si l'UDC ne parvient pas à faire passer sa revendication au Parlement.

«Je me mets à disposition si on me demande des conseils et mon expérience»
Christoph Blocher

Questionné par CH Media sur cette thématique, il explique qu'il ne devrait plus y avoir d'entreprises qui entraînent potentiellement toute l'économie dans leur chute.

«Une entreprise doit pouvoir mourir comme un humain»
Christoph Blocher

Blocher s'est opposé très tôt aux activités américaines des établissements financiers suisses. En 1990, il a été le seul membre du conseil d'administration de l'Union de banques suisses, le prédécesseur de l'UBS, à s'opposer à l'engagement aux Etats-Unis. Mais son appel n'a pas été entendu. Et lorsqu'il s'est opposé à l'adhésion à l'Espace économique européen (EEE), il a perdu son mandat au sein de la banque.

(Traduit et adapté par Pauline J. Langel)

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