Voici à quel point l'obésité est dangereuse
Longtemps, le surpoids a surtout été considéré comme un facteur de risque de maladies dites de civilisation, telles que l’infarctus, le diabète ou les problèmes articulaires. Puis est arrivé le Covid, et il est apparu très tôt que les personnes souffrant d’obésité sévère développaient plus souvent des formes graves, étaient plus fréquemment hospitalisées et avaient une probabilité environ 50% plus élevée de mourir de l’infection que les personnes de poids normal.
Une étude publiée dans la revue spécialisée The Lancet montre désormais que le risque accru lié à l’obésité ne concerne pas uniquement le coronavirus, mais presque toutes les formes d’infections graves.
C’est la conclusion d’une équipe de recherche dirigée par la bioinformaticienne Solja Nyberg, de l’Université d’Helsinki, qui a analysé les données de plus de 540 000 adultes en Finlande et au Royaume-Uni. Au total, 925 maladies infectieuses différentes ont été prises en compte, comme des infections virales, bactériennes, parasitaires et fongiques.
Le constat est sans équivoque: les personnes atteintes d’obésité sévère (IMC > 40) présentaient un risque jusqu’à trois fois plus élevé de développer une infection grave ou mortelle. Et même celles qui n’avaient que quelques kilos en trop étaient plus vulnérables. Selon les chercheurs, un décès sur dix dû à une infection dans le monde est imputable à l’obésité.
Le type d’infection joue un rôle
Sur la base de ces observations, les chercheurs ont élaboré des modélisations pour l’ensemble des pays du monde. Ils ont combiné leurs analyses de risque avec des données nationales sur le surpoids et la mortalité liée aux infections. Pour la Suisse, où 43% de la population est en surpoids ou obèse, il apparaît qu’environ un décès sur huit dû à une maladie infectieuse est associé au surpoids ou à l’obésité.
Dans la comparaison internationale, la Suisse se situe ainsi dans la moyenne. Aux Etats-Unis, où plus des deux tiers de la population est en surpoids, environ un quart des décès liés à une infection est attribuable à l’obésité. Dans d’autres pays, cette proportion est nettement plus faible. Cela tient d’une part à la fréquence du surpoids, mais aussi à la nature des maladies infectieuses prédominantes. Ainsi, le surpoids n’augmente pas le risque en cas de VIH ou de tuberculose; pour ces maladies, l’insuffisance pondérale constitue un problème plus important.
Des inflammations chroniques affaiblissent le système immunitaire
L’étude n’a pas examiné de manière précise pourquoi le surpoids est si dangereux en cas d’infection. Il existe toutefois des explications biologiques plausibles. L’obésité entraîne des inflammations chroniques de faible intensité dans l’organisme, qui affaiblissent le système immunitaire. En outre, chez les personnes obèses, le système immunitaire est souvent dysrégulé et des conditions telles qu’un taux de sucre sanguin élevé créent un environnement dans lequel les agents pathogènes peuvent se multiplier plus facilement.
Au delà des raisons, Solja Nyberg, la directrice de l'étude s'inquiète:
Elle plaide en faveur de mesures politiques aidant les populations à rester en bonne santé ou à perdre du poids. Et elle souligne:
(trad. hun)
