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«Grande menace»: le sepsis coûte cher à la Suisse

Le sepsis, un danger sous-estimé en Suisse (image d'illustration).
Le rapport ne recense que les malades pris en charge par les hôpitaux (image d'illustration).Image: Shutterstock

Cette «grande menace» mortelle coûte cher à la Suisse

Le sepsis coûte chaque année la vie à 4000 patients dans les hôpitaux suisses et pèse sur les finances du système de santé. Un rapport met en garde contre un danger sous-estimé.
11.09.2025, 12:5511.09.2025, 12:55

Chaque année, 4000 personnes décèdent dans les hôpitaux suisses à cause d'un sepsis, une réaction anormale et incontrôlée du corps à une infection. Ce chiffre émane d'un rapport publié jeudi dans le cadre du Progamme national contre le sepsis.

«Les dangers du sepsis restent sous-estimés», déplore, dans un communiqué, Nora Lüthi, première autrice du rapport et directrice du Programme national contre le sepsis. Pourtant, les cas de sepsis sont aussi fréquents que les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les infarctus.

Et le rapport rendu public jeudi ne recense que des malades qui sont pris en charge par les hôpitaux. «On peut raisonnablement envisager que tous les cas ne sont pas détectés et comptabilisés». La charge de morbidité du sepsis en Suisse «pourrait être encore bien plus grande», est-il écrit dans le communiqué.

Cette réaction disproportionnée du corps à une infection, qui endommage les organes vitaux, a une issue fatale pour 20% des patients hospitalisés. Ceci représente 4000 décès par année. Toutes les tranches d'âge sont concernées, mais les catégories les plus exposées sont les personnes âgées et les nourrissons.

Coûts considérables

Les frais engendrés par le sepsis pèsent aussi sur le système suisse de santé. Environ 40% des cas qui sont diagnostiqués à l'hôpital finissent aux soins intensifs. Selon le rapport, la facture s'élève, en moyenne, à 50 000 francs par cas. Pour 20 000 hospitalisations annuelles, le total atteint donc un milliard de francs.

Le rapport estime que ce chiffre d'un milliard de francs peut être doublé «si l'on inclut la réadaptation, le suivi et le traitement des complications à long terme pendant les trois années qui suivent». De plus, les coûts ne tiennent pas compte des séquelles tardives sur la santé physique et mentale causées par un sepsis.

Les calculs émanant du rapport ne mentent pas, estime le professeur Luregn Schlapbach, médecin-chef aux soins intensifs de l'Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich, et coauteur de l'étude.

«Le sepsis représente une grande menace et coûte énormément à la société»
Luregn Schlapbach

Selon lui, il faudrait «urgemment» accorder plus d'importance à la détection, au traitement et au suivi de cette pathologie. La Suisse manque par ailleurs «d'une coordination nationale de la recherche sur le sepsis, pour que les résultats influencent plus rapidement les traitements». (jzs/ats)

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