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Le vertige, facteur de risque sous-estimé en randonnée

Le Lisengrat, au Säntis: mieux vaut ne pas avoir le vertige ici.
Le Lisengrat, au Säntis: mieux vaut ne pas avoir le vertige ici.keystone

Un tiers des randonneurs suisses souffrent de ce problème sous-estimé

La peur du vide ou le vertige sont plus répandus qu’on ne le pense. Pourtant, ils passent souvent au second plan lors de la préparation d’une randonnée. Une erreur qui peut coûter cher.
07.05.2026, 12:3307.05.2026, 12:33

Près de 60% de la population suisse pratique régulièrement la randonnée. Chaque année, environ 40 000 personnes doivent être prises en charge après un accident, et 45 y perdent la vie. Pour limiter les risques, un principe s’impose: adapter l’itinéraire à ses capacités.

Mais un point est souvent «oublié»: la peur du vide ou le vertige. Près d’un tiers des randonneurs en montagne en Suisse en souffrent. Malgré cela, l’absence de vertige joue généralement un rôle secondaire dans la planification. C’est ce que montre une récente enquête du Bureau de prévention des accidents.

Les femmes plus touchées

Le BPA a interrogé des randonneurs sur plus de 20 sites en Suisse. Résultat: la condition physique (56%) et le pied sûr (32%) sont cités comme les critères déterminants — bien avant l’absence de vertige (18%).

Dans les faits, près d’un tiers des personnes interrogées déclarent souffrir de peur du vide ou de vertige. Cette proportion atteint 32% chez les femmes, contre 23% chez les hommes. Elle augmente également avec l’âge.

Si vous avez peur des hauteurs, mieux vaut ne pas aller ici.
Si vous avez peur des hauteurs, mieux vaut ne pas aller ici.Image: Reto fehr

Des symptômes bien connus

Vertiges, sueurs, palpitations, sensation d’oppression dans la poitrine, voire essoufflement: tels sont les signes typiques d’une peur du vide aiguë. La coordination se dégrade, la progression devient incertaine et le risque de chute augmente.

A l’inverse, l’absence de vertige est une condition essentielle pour évoluer en sécurité en montagne — au même titre que la condition physique et le pied sûr. Pourtant, son importance est souvent sous-estimée, souligne l’enquête du BFU.

Un critère encore trop peu pris en compte

Dans la pratique, les randonneurs tiennent surtout compte de la distance, du dénivelé, de la difficulté, du temps de marche ou de la météo. En revanche, près d’un tiers d’entre eux n’intègrent pas suffisamment la dangerosité du parcours — notamment son exposition, c’est-à-dire la présence de passages en pente raide ou en bord de vide — ni les conditions sur place.

Seuls 18% des personnes interrogées citent l’absence de vertige comme un critère important pour une randonnée en montagne.

En cas de doute, faire demi-tour

Le Bureau rappelle que l’itinéraire de randonnée doit être adapté à ses propres capacités. En cas de doute, la règle est la suivante:

«Faire demi-tour n’est pas un aveu d’échec, mais au contraire le signe d’un comportement responsable en terrain alpin»

Les personnes sujettes au vertige devraient privilégier des itinéraires sans passages exposés et progresser par étapes vers des terrains plus exigeants. Les sentiers balisés en jaune constituent en règle générale une option plus accessible: ils traversent moins souvent des zones escarpées que les itinéraires de montagne marqués en blanc-rouge-blanc. Si un passage exposé se présente malgré tout, il est recommandé de faire demi-tour. En montagne, renoncer n’est pas un échec, mais un comportement responsable. (rfe / jah avec des éléments d'agence)

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