Ce nouveau vaccin pour les bébés s'est montré «très efficace» en Suisse
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est responsable de la majorité des hospitalisations infantiles durant l’hiver. Les nourrissons infectés présentent des difficultés respiratoires et ont souvent du mal à s’alimenter.
L’infection provoque fréquemment des inflammations et une accumulation de mucus dans les voies respiratoires inférieures, voire des pneumonies, en plus de la fièvre et des otites. Plus le bébé est jeune, plus le risque d’évolution sévère est élevé. Tous les nourrissons peuvent être concernés, y compris ceux en pleine santé.
Une immunité passive pour les bébés
C’est pourquoi experts et parents attendaient avec impatience le vaccin Nirsevimab, déjà commercialisé dans d’autres pays sous le nom de Beyfortus. Cet anticorps monoclonal est injecté durant la première semaine de vie du bébé.
Beyfortus permet une immunité passive: les anticorps sont administrés directement, venant soutenir le système immunitaire du nourrisson dans sa lutte contre le virus. Contrairement à une vaccination classique, l’organisme n’a pas besoin de produire lui-même les anticorps. Christian Kahlert, de l’Hôpital pédiatrique de Suisse orientale, explique:
La vaccination des adultes également en cause
En Suisse, le médicament n’est utilisé que depuis octobre 2024. A-t-il réellement réduit les infections à VRS chez les nourrissons? «Absolument», affirme Andrea Duppenthaler, de la Pediatric Infectious Diseases Group Switzerland (PIGS). Elle poursuit:
Christoph Berger, de l’Hôpital universitaire pour enfants de Zurich, confirme également la tendance: après la première saison avec Nirsevimab, les hospitalisations dues au VRS ont été moins nombreuses qu’auparavant. Berger précise:
Selon lui, le risque d’hospitalisation des nourrissons dû au virus a diminué grâce à ces injections d’anticorps chez les nourrissons, mais aussi grâce à la vaccination des mères pendant la grossesse.
Une nette amélioration
D’après Daniel Dauwalder de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), 80 à 90% des nouveau-nés suisses ont reçu les anticorps Nirsevimab. Christian Kahlert ajoute que, auparavant, les services pédiatriques étaient souvent saturés de bébés atteints de VRS nécessitant de l’oxygène. Il précise:
Les données précises font encore défaut, car l'infection par le VRS n’est pas une maladie à déclaration obligatoire en Suisse. Andrea Duppenthaler indique:
Peu d’effets secondaires
Heureusement, les effets secondaires de la vaccination sont rares. Kahlert explique:
Les anticorps sont généralement administrés par les pédiatres, qui rapportent que la tolérance est bonne, ajoute Berger.
Une étude concluante outre-Atlantique
Aux Etats-Unis, une étude publiée récemment dans JAMA Pediatrics a évalué l’efficacité de Nirsevimab chez 5000 enfants et celle des vaccins VRS administrés aux femmes enceintes. Selon cette étude, le taux d’hospitalisation des nouveau-nés de 0 à 11 mois a été réduit de moitié par rapport aux années précédentes. Kahlert précise:
Les anticorps produits par la mère passent alors au bébé via le placenta, offrant une protection dès la naissance et complétant le «bouclier» naturel. Ainsi, l’immunité du nourrisson est acquise déjà in utero.
Selon Kahlert, «des données récentes en France montrent que la vaccination directe du bébé est légèrement plus efficace que celle par la mère». Les deux options sont approuvées et recommandées en Suisse.
Cet hiver, la saison du VRS a démarré plus tard que d’habitude, juste avant Noël, explique Christian Kahlert. A partir de ce moment, les analyses des eaux usées et le système de surveillance Sentinella ont cependant montré une charge virale comparable à celle de l’hiver dernier, précise l’OFSP.
Traduit et adapté de l'allemand par Léon Dietrich
